La Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a prononcé un discours à New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, lors d’une réunion de haut niveau consacrée à la crise mondiale des inégalités. Elle a établi un parallèle entre les mécanismes qui ont rendu possible l’esclavage et certaines formes d’inégalités qui persistent aujourd’hui dans le système économique et institutionnel mondial.

Selon Mia Mottley, les inégalités de revenus et de patrimoine continuent de se creuser. Entre 2000 et 2024, les 1 % les plus riches ont capté 41 % des nouvelles richesses créées dans le monde, tandis que les 50 % les plus pauvres n’en ont reçu que 1 %. Elle a affirmé qu’un effort égal ne garantit pas des chances égales.

La dirigeante barbadienne a établi un parallèle avec l’esclavage, en recourant à la notion juridique de mens rea, expression latine désignant l’intention ou l’état d’esprit qui accompagne un acte. Elle a présenté l’esclavage comme la forme extrême de cette exploitation et a affirmé que la mens rea qui sous-tendait l’esclavage demeure ainsi présente dans le monde contemporain.

Mia Mottley a également critiqué le fonctionnement des institutions internationales, estimant que la logique d’inégalité se manifeste lorsque les institutions financières internationales n’accordent pas suffisamment de place aux voix des pays africains ou à celles des petits États insulaires en développement. Elle a évoqué également le refus de réformer le Conseil de sécurité des Nations unies.

L’Afrique a occupé une place importante dans son argumentation. Mia Mottley a dénoncé ce qu’elle considère comme une représentation insuffisante des pays africains au sein de certaines institutions internationales. Elle a estimé que les règles du système international peuvent limiter la capacité de certains gouvernements à accéder aux capitaux ou à mettre en œuvre les politiques nécessaires pour combattre la pauvreté.

Mia Mottley a résumé les priorités de son gouvernement autour de trois objectifs : sortir les plus pauvres de la pauvreté, combattre l’injustice et créer des opportunités. Elle a insisté sur l’accès à la propriété et à la constitution d'un patrimoine, et a averti que l’intelligence artificielle pourrait accentuer les écarts existants si ses bénéfices et le pouvoir qu’elle confère restent concentrés entre les mains d’un nombre limité d’acteurs.

La Barbade, un petit État insulaire des Caraïbes, compte quelque 283 000 habitants et a pour capitale Bridgetown. Son PIB par habitant se situait autour de 28 365 dollars américains en 2025. Colonisée par l’Angleterre à partir de 1627, la Barbade développa une économie de plantation dominée par la canne à sucre et largement fondée sur le travail d’Africains réduits en esclavage.

Key points

  • Les inégalités de revenus et de patrimoine continuent de se creuser dans le monde moderne.
  • La Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, établit un parallèle entre les mécanismes qui ont rendu possible l’esclavage et certaines formes d’inégalités qui persistent aujourd’hui.
  • Mia Mottley appelle les dirigeants à replacer les populations au centre du développement et à ne pas reproduire les erreurs du passé.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.