La prévention de la maladie d'Alzheimer doit commencer bien avant l'apparition des premiers troubles de mémoire. Selon le Pr Riadh Gouider, chef du service de neurologie de l'hôpital universitaire Razi, il est essentiel de prendre en charge les facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques et de maintenir une activité cognitive et physique régulière. Cette approche permettrait de réduire le risque de développer la maladie.
Le Pr Gouider a détaillé les principaux facteurs susceptibles d'être associés au développement de la maladie d'Alzheimer. Les maladies cardiovasculaires, le diabète et l'hypertension artérielle, ainsi que certains facteurs génétiques, sont considérés comme des facteurs de risque importants. Il a également évoqué des caractéristiques génétiques observées dans la région arabe, notamment celles liées à la consanguinité, qui peuvent avoir une incidence sur l'âge d'apparition de la maladie.
La maladie d'Alzheimer résulte de l'interaction entre des facteurs génétiques non modifiables et des facteurs de risque sanitaires et comportementaux sur lesquels il est possible d'agir. Le Pr Gouider a présenté les premiers résultats d'une étude cas-témoins menée au service de neurologie, qui portent sur 155 patients pris en charge par le service et 310 personnes en bonne santé. Les résultats préliminaires font ressortir une association entre plusieurs facteurs pathologiques et comportementaux et une augmentation du risque de développer la maladie.
Les maladies cardiovasculaires figurent parmi les facteurs présentant la plus forte association avec le risque de maladie d'Alzheimer, suivies notamment par l'analphabétisme et l'absence d'instruction. Les troubles psychiques, les déficiences auditives, l'hypertension artérielle, le diabète de type 2 et les accidents vasculaires cérébraux figurent également parmi les facteurs évoqués. Le Pr Gouider insiste sur l'importance d'une prise en charge précoce des facteurs de risque modifiables.
Le Pr Gouider recommande de contrôler la tension artérielle et le diabète, de préserver la santé cardiovasculaire, de maintenir une activité cognitive et de poursuivre l'apprentissage. Il préconise également une alimentation saine et équilibrée, une bonne organisation des repas ainsi que l'éloignement du tabac, de l'alcool et des drogues. Il a particulièrement appelé les personnes âgées de 30 à 50 ans à ne pas négliger leur santé malgré les contraintes de la vie quotidienne.
Le chef du service de neurologie de l'hôpital universitaire Razi a souligné que lorsque les premiers troubles de mémoire apparaissent, le processus pathologique peut avoir débuté 15 à 20 ans auparavant. Il a insisté sur la nécessité pour les personnes âgées et les retraités de maintenir une activité intellectuelle et physique et de ne pas interrompre l'apprentissage. L'arrêt de l'apprentissage ou de l'activité professionnelle est lié à une augmentation importante du risque de maladie d'Alzheimer.
La prise en charge de la maladie d'Alzheimer repose sur plusieurs volets, à commencer par la prévention et le diagnostic précoce, puis par l'utilisation des traitements disponibles pour atténuer les symptômes. Le Pr Gouider préconise de compléter la prise en charge médicale par des activités non médicamenteuses, notamment la musique, les activités artistiques, la lecture ainsi que les activités religieuses et culturelles. L'expérience du Centre Alzheimer de l'hôpital universitaire Razi a été présentée au ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, à l'occasion de l'annonce de l'accréditation internationale du centre.
Key points
- La prévention de la maladie d'Alzheimer peut commencer dès 30 ans en prenant en charge les facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques.
- Les maladies cardiovasculaires, le diabète et l'hypertension artérielle sont des facteurs de risque importants pour la maladie d'Alzheimer.
- La prise en charge de la maladie d'Alzheimer doit intégrer un accompagnement social et un soutien psychologique du patient et de sa famille.