La Guinée a mobilisé 4 579 milliards de francs guinéens à l'issue de son dernier appel public à l'épargne, dépassant largement l'objectif initial de 2 500 milliards GNF. Cette opération témoigne de l'intérêt des investisseurs pour les titres publics guinéens, avec un taux de souscription de 183 %. Le gouvernement et les acteurs du secteur bancaire ont salué cette performance lors d'une conférence de presse.
L'objectif initial était fixé à 2 500 milliards de francs guinéens, mais les souscriptions ont finalement atteint 4 579 milliards GNF, soit un dépassement de 2 079 milliards par rapport aux prévisions initiales. La ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, considère ce résultat comme un indicateur de la confiance des acteurs économiques envers l'État guinéen.
Le montant obtenu représente un taux de souscription de 183 % par rapport à l'objectif initial, a souligné la ministre, rappelant que les fonds mobilisés l'année précédente s'élevaient à 1 500 milliards GNF. Cette année, l'État a donc enregistré près de trois fois ce montant. Pour la ministre, cette mobilisation traduit la confiance des banques, des entreprises et des citoyens dans la stabilité du pays.
Le gouvernement entend faire de l'épargne nationale un levier de financement du programme Simandou 2040, dont les besoins sont estimés à plus de 200 milliards de dollars. La ministre estime que la Guinée doit d'abord mobiliser ses propres ressources avant de solliciter davantage les investisseurs étrangers. Elle a déclaré que c'est bien beau de demander à un étranger de croire en la Guinée, mais si les Guinéens ne le font pas eux-mêmes, il sera très difficile de convaincre les autres.
Les banques mettent en avant la confiance et la complémentarité pour expliquer le niveau des souscriptions. Le représentant des banques, Guy Laurent Fondjo, a évoqué la confiance dans la signature de l'État, la collaboration entre les établissements financiers, la disponibilité des ressources sur le marché et l'expérience acquise dans les opérations précédentes.
Le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, a expliqué que l'émission en francs guinéens permet d'écarter le risque de change. Il a précisé que les intérêts restent également en Guinée, ce qui contribue au développement du marché des titres. Le gouvernement écarte un risque sur la soutenabilité de la dette, l'emprunt étant contracté sur une maturité de cinq ans.
La BCRG écarte un risque de crise de liquidité, les 4 579 milliards GNF mobilisés représentant environ 2,5 % de l'ensemble des ressources prises en compte dans son estimation. Le gouverneur a également précisé que la Guinée n'avait pas connu une crise de liquidité, mais plutôt une pénurie de cash, liée notamment aux retards enregistrés dans les commandes et la réception des billets auprès des fournisseurs.
Key points
- La Guinée a mobilisé 4 579 milliards de francs guinéens à l'issue de son dernier appel public à l'épargne.
- Le taux de souscription est de 183 % par rapport à l'objectif initial de 2 500 milliards GNF.
- Le gouvernement entend utiliser les fonds mobilisés pour financer des investissements publics structurants.