La Guinée a accueilli mercredi 7 octobre 2026 à Conakry une table ronde de haut niveau consacrée à la mise en œuvre du Protocole de Maputo. Cette rencontre a réuni des représentants des États, des institutions africaines et internationales, des Nations Unies, de la société civile, des experts ainsi que des partenaires techniques et financiers. L'objectif est de renforcer la mise en œuvre effective du Protocole de Maputo, qui vise à promouvoir les droits des femmes et des filles en Afrique.

Le Protocole de Maputo, adopté le 11 juillet 2003, est l'un des instruments juridiques africains les plus ambitieux en matière de droits des femmes. Il aborde des questions essentielles telles que la dignité et l'intégrité de la femme, la lutte contre les discriminations et les violences, l'accès à la justice, la participation politique et sociale, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits sexuels et reproductifs. Cependant, plus de deux décennies après son adoption, l'enjeu réside désormais dans son application effective.

La directrice générale du Centre ODAS, Kadidiatou Sow, a rappelé la collaboration engagée avec la Guinée depuis la fin de l'année 2024 autour des droits à la santé et au bien-être des femmes et des filles. Elle considère cette rencontre comme une nouvelle étape dans le renforcement du dialogue régional. Kadidiatou Sow a souligné que le véritable défi aujourd'hui est celui de l'efficacité et de l'effectivité de ces droits.

La ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Aminata Kaba, a rappelé que la Guinée a signé le Protocole de Maputo le 16 décembre 2003, avant de le ratifier le 12 avril 2012. Elle a cité plusieurs avancées enregistrées depuis, notamment la Constitution de 2025, les réformes des codes pénal, de procédure pénale et civil, ainsi que différents textes portant sur la parité, la santé sexuelle et reproductive, la protection de l'enfant et l'égalité entre les femmes et les hommes.

La ministre Aminata Kaba a également reconnu la persistance de plusieurs obstacles, notamment les inégalités structurelles, les contraintes socioculturelles, les faibles opportunités économiques et les violences basées sur le genre. Les participants doivent notamment se pencher sur les mutilations génitales féminines, la santé sexuelle et reproductive, la participation politique des femmes, leur autonomisation économique ainsi que leur protection sociale.

Le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a appelé à dépasser les déclarations de principe pour privilégier l'action. Il a souligné que le droit n'a de véritable valeur que lorsqu'il change concrètement la vie des personnes qu'il est censé protéger. Le ministre a évoqué les discriminations auxquelles les femmes peuvent être confrontées dès la naissance, mais aussi les inégalités d'accès à l'éducation, les mariages précoces, les mutilations génitales féminines et les complications obstétricales.

Les travaux de cette table ronde devraient déboucher sur une « Déclaration-Action de Conakry », assortie de recommandations et d'engagements destinés à accélérer la mise en œuvre du Protocole de Maputo. Cette rencontre de Conakry a été marquée par des sessions axées notamment sur la compréhension du Protocole de Maputo, enjeux juridiques, portée et mécanismes de suivi.

Key points

  • La Guinée organise une table ronde pour renforcer la mise en œuvre du Protocole de Maputo.
  • Le Protocole de Maputo vise à promouvoir les droits des femmes et des filles en Afrique.
  • Les participants à la table ronde entendent franchir une nouvelle étape pour garantir la traduction effective des engagements en faveur des droits des femmes et des filles dans les lois, les politiques publiques et la vie quotidienne.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.