Le Premier ministre guinéen, Bah Oury, a ouvert ce mercredi 7 octobre 2026 à Conakry, une table ronde de haut niveau sur le Protocole de Maputo. Cette rencontre réunit des représentants de plusieurs gouvernements, institutions et délégations africaines. Le thème de cette table ronde est "La ratification, la domestication et la mise en œuvre du Protocole de Maputo dans les pays d’Afrique francophone".
Le Protocole de Maputo, adopté le 11 juillet 2003 à Maputo par l’Union africaine, est considéré comme l’un des instruments juridiques les plus ambitieux du continent en matière de promotion et de protection des droits des femmes et des jeunes filles. La ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités a rappelé que ce protocole représente une vision de la justice sociale fondée sur la reconnaissance des droits fondamentaux des femmes.
Le Premier ministre, Bah Oury, a souligné que la défense des droits humains ne peut être complète sans une véritable prise en compte des droits des femmes. Il estime que les changements durables passent également par les comportements et les pratiques quotidiennes. Selon lui, il est nécessaire de poursuivre les efforts et d’avancer progressivement pour transformer une société.
Morissanda Kouyaté, a insisté sur la portée de la lutte engagée par l’Afrique en faveur des droits des femmes. Il a rappelé qu’en 1981, l’Afrique avait franchi une étape importante avec l’adoption de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Cependant, cet instrument n’a pas suffi à améliorer la condition des femmes et des filles.
La ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités a cité plusieurs avancées enregistrées en Guinée depuis la ratification du Protocole de Maputo en 2012. Parmi ces avancées, il y a l’adoption de la Constitution de 2025, le renforcement du cadre juridique à travers les réformes du Code pénal, du Code de procédure pénale et du Code civil.
Malgré ces avancées, des défis persistent en Guinée. Les inégalités structurelles, les pesanteurs socioculturelles, l’accès limité des femmes aux opportunités économiques et la persistance des violences basées sur le genre continuent de freiner la pleine réalisation des droits consacrés par le Protocole de Maputo.
La table ronde de Conakry entend favoriser un dialogue entre les décideurs publics, les institutions africaines, les Nations unies, les partenaires au développement, les experts et les organisations de la société civile. Les échanges portent notamment sur l’élimination des mutilations génitales féminines, la santé sexuelle et reproductive, la participation des femmes aux processus de prise de décision.
Key points
- La Guinée a ratifié le Protocole de Maputo en 2012 et a enregistré des avancées dans la promotion des droits des femmes.
- La table ronde de Conakry vise à favoriser un dialogue sur la mise en œuvre du Protocole de Maputo en Afrique francophone.
- Le Protocole de Maputo est considéré comme l’un des instruments juridiques les plus ambitieux du continent en matière de promotion et de protection des droits des femmes et des jeunes filles.