À deux semaines de la rentrée scolaire en Guinée, prévue pour le 5 octobre 2026, les syndicats enseignants maintiennent la pression sur le gouvernement pour obtenir l'application intégrale du protocole d'accord signé en 2024. L'intersyndicale de l'éducation, qui regroupe plusieurs syndicats enseignants, a fait le point sur les engagements non respectés par le gouvernement, notamment en ce qui concerne la situation des enseignants contractuels, le déblocage des salaires et l'adoption du statut particulier des personnels de l'éducation.

Selon Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l'éducation, le gouvernement a annoncé un concours pour le recrutement de nouveaux enseignants, mais les syndicats contestent la volonté de soumettre à une nouvelle évaluation les anciens enseignants contractuels déjà évalués en pratique de classe en 2024. Sur les 14 500 enseignants contractuels communaux recensés et biométrisés en 2024, 10 000 ont été retenus et 4 500 n'ont pas été retenus. Parmi ces derniers, seuls 60 n'ont pas eu la moyenne, tandis que les autres ont obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10 sur 20.

Les syndicats enseignants estiment que les 4 500 enseignants contractuels qui ont obtenu la moyenne ne devraient pas être soumis à une nouvelle évaluation pratique. Ils considèrent que cela est incohérent, surtout si les mêmes évaluateurs que lors de la première évaluation sont utilisés. Les syndicats exigent que ces enseignants soient prioritaires à l'engagement, comme prévu dans le protocole d'accord.

Un autre point de crispation entre les syndicats et le gouvernement concerne le blocage de plusieurs salaires. Selon Pépé Balamou, certains enseignants attendent toujours le déblocage de leurs rémunérations ainsi que le paiement de leurs arriérés, notamment depuis décembre 2023 et juillet 2024. Les syndicats réclament également la finalisation du statut particulier des personnels de l'éducation et de la formation, qui est en cours d'examen depuis plusieurs mois.

Les conditions matérielles dans plusieurs établissements scolaires inquiètent également les syndicats. Pépé Balamou a dénoncé l'état délabré de certaines écoles, notamment à Conakry, où les toilettes ne sont pas praticables et les tables-bancs font défaut. Les syndicats estiment que le gouvernement doit prendre des mesures pour améliorer les conditions d'accueil des élèves et des enseignants.

L'intersyndicale a lancé un appel aux autorités chargées du dialogue social pour intervenir et obtenir l'application intégrale du protocole d'accord. Aboubacar Soumah, secrétaire général du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), a averti que si les revendications ne sont pas satisfaites, un nouveau mouvement de grève pourrait être déclenché à l'occasion de la rentrée scolaire.

Les principaux points du protocole d'accord qui n'ont pas été respectés concernent le déblocage des salaires, la régularisation des enseignants ayant changé de grade après leur formation, l'engagement des anciens contractuels biométrisés, ainsi que la prise en compte des anciens contractuels non retenus et de ceux de la zone spéciale de Conakry.

Key points

  • Les syndicats enseignants guinéens exigent le déblocage des salaires et la régularisation des enseignants contractuels.
  • Le gouvernement a annoncé un concours pour le recrutement de nouveaux enseignants, mais les syndicats contestent la volonté de soumettre à une nouvelle évaluation les anciens enseignants contractuels déjà évalués.
  • Les conditions matérielles dans plusieurs établissements scolaires inquiètent les syndicats, qui estiment que le gouvernement doit prendre des mesures pour améliorer les conditions d'accueil des élèves et des enseignants.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.