Le 24 mars 2016, Abdel Fattah al-Sharif, un jeune résistant palestinien de 21 ans, a poignardé grièvement un soldat israélien au checkpoint de Tel Rumeida, près de Hébron, en Cisjordanie occupée. Blessé par les tirs des militaires israéliens, Abdel Fattah a reçu une balle à bout portant à la tête, tirée par Elor Azaria, sergent dans l'armée d'occupation. Cette exécution a été filmée et publiée par l'ONG israélienne des droits de l'homme B'Tselem, suscitant des controverses enflammées en Israël.
Elor Azaria, un soldat franco-israélien d'origine marocaine, a été considéré comme un "héros" national en Israël après cette exécution. L'armée israélienne a décidé de traduire Azaria devant le tribunal militaire pour homicide. En 2017, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné Azaria, mais a finalement demandé qu'on lui pardonne. La sentence du tribunal a été particulièrement douce : 18 mois de prison, dont Azaria n'a accompli que neuf mois.
La grâce présidentielle accordée par le président israélien à Elor Azaria a suscité l'indignation des Palestiniens et des défenseurs des droits de l'homme. Selon eux, cette grâce est un blanc-seing à de futures exactions de l'armée israélienne contre les Palestiniens. Les colons israéliens continuent d'arracher les terres des Palestiniens par la terreur des armes en Cisjordanie.
La ville de Hébron, où Abdel Fattah al-Sharif a grandi, a été profondément affectée par l'occupation israélienne. Les 240 000 Palestiniens qui y vivent ont dû quitter le centre-ville, fermer leurs commerces et subir les check-points et les blindés de l'armée d'occupation. La mosquée Ibrahimi, qui abrite le Caveau des Patriarches, a été le théâtre d'un affreux massacre en 1994.
L'actuel ministre de la Sûreté, Itamar Ben Gvir, est un fervent adepte du rabbin Meir Kahane, fondateur du parti extrémiste Kach, qui prônait la violence contre les Arabes. Le parti de Kahane avait été interdit en Israël en 1994. Cette atmosphère d'injustice et de domination a poussé Abdel Fattah al-Sharif à passer à l'acte et à attaquer l'escouade israélienne.
La famille d'Abdel Fattah al-Sharif a dû attendre deux mois pour enterrer son fils, dont la dépouille avait été retenue par l'armée israélienne. Le tueur, Elor Azaria, a publié un livre "révélant tout" et a fait une collecte de fonds, profitant de sa popularité en Israël.
La grâce présidentielle accordée à Elor Azaria a été critiquée par de nombreux observateurs, qui y voient un signe de l'impunité dont bénéficient les soldats israéliens qui commettent des crimes contre les Palestiniens. Cette affaire a mis en lumière les tensions et les violences qui règnent en Cisjordanie occupée.
Key points
- La grâce présidentielle accordée à Elor Azaria a suscité l'indignation des Palestiniens et des défenseurs des droits de l'homme.
- L'exécution de Abdel Fattah al-Sharif par Elor Azaria a été filmée et publiée par l'ONG israélienne des droits de l'homme B'Tselem.
- La ville de Hébron a été profondément affectée par l'occupation israélienne, avec des conséquences graves pour les Palestiniens qui y vivent.