La Banque mondiale a publié son rapport Tunisia Economic Monitor, intitulé «Tunisia’s Water Challenge: From Scarcity to Resilience». Ce rapport met en garde contre les risques liés à la pénurie d’eau en Tunisie, qui pourrait devenir l’un des principaux freins structurels à la croissance économique du pays. Selon la BM, la Tunisie ne dispose aujourd’hui que de 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an.
La situation est d’autant plus préoccupante que le secteur agricole, qui emploie environ 14 % de la population active nationale, est particulièrement exposé aux effets du stress climatique et du manque d’eau. La Banque mondiale estime que sans mesures correctives, la perte d’au moins 30 % des emplois agricoles d’ici le milieu du siècle est probable. Les répercussions de cette crise seront également ressenties dans l’agro-industrie, le tourisme et l’industrie.
Le rapport de la Banque mondiale s’inscrit dans un contexte économique marqué par une croissance modérée. Après une hausse de 2,7 % en 2025 et de 2,4 % en rythme annuel au premier semestre de cette année, la BM prévoit une progression du PIB de 2,3 % en 2026 et une croissance moyenne de 2,1 % sur la période 2027-2028. Le taux de chômage a reculé à 14,9 % au deuxième trimestre, mais demeure à 21,6 % chez les femmes.
Pour faire face à cette crise, la Banque mondiale préconise des investissements de l’ordre de 900 millions de dollars par an jusqu’au milieu du siècle. Ces investissements devraient être accompagnés d’une réforme de la gouvernance du secteur, d’une réduction des pertes sur les réseaux, de la réutilisation des eaux usées traitées, de la numérisation et d’une meilleure gestion de l’irrigation. Le programme RESEau, soutenu par la BM, devrait générer environ 4 000 emplois permanents et 13 400 emplois temporaires.
La sécurité hydrique est devenue un facteur de plus en plus déterminant pour la croissance, l’emploi et la compétitivité en Tunisie. La Banque mondiale souligne que la crise de l’eau pourrait réduire le PIB du pays de 6,4 % d’ici 2050 si des mesures adéquates ne sont pas prises. Il est donc urgent de mettre en place des solutions pour faire face à cette crise.
Le Plan Eau 2050 tunisien doit être transformé en une réponse structurelle pour faire face à la crise de l’eau. La Banque mondiale estime que des investissements importants sont nécessaires pour atteindre cet objectif. Le gouvernement tunisien doit également prendre des mesures pour réduire les pertes sur les réseaux et améliorer la gestion de l’irrigation.
La crise de l’eau en Tunisie est un défi économique et environnemental majeur. La Banque mondiale a lancé un avertissement sur les risques liés à la pénurie d’eau et a proposé des solutions pour y faire face. Il est maintenant urgent que les autorités tunisiennes prennent des mesures concrètes pour résoudre ce problème.
Key points
- La crise de l’eau en Tunisie pourrait coûter 6,4 % du PIB d’ici 2050.
- La Banque mondiale préconise des investissements de 900 millions de dollars par an pour faire face à la crise de l’eau.
- La sécurité hydrique est devenue un facteur déterminant pour la croissance, l’emploi et la compétitivité en Tunisie.