La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé en décembre 2025 que la Coupe d'Afrique des nations (CAN) passerait à un rythme quadriennal à partir de 2028. Cependant, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a récemment évoqué la possibilité de revenir à une organisation biennale de la compétition. Cette décision avait été présentée comme une révolution bénéfique pour le football africain, mais elle semble avoir été remise en question en raison de problèmes financiers et de contestation.

La CAF aurait mal évalué les conséquences financières de son changement de cap. L'abandon du cycle biennal aurait compromis un accord commercial garantissant au moins un milliard de dollars de revenus sur huit ans. En réduisant le nombre de CAN organisées sur cette période, l'instance a mécaniquement diminué la valeur de son produit auprès des diffuseurs et des sponsors. Cela a donné l'impression que la CAF tirait contre son propre camp.

La décision de passer à une organisation quadriennale de la CAN a également suscité des critiques parmi les acteurs du football africain. La CAN n'est pas un tournoi ordinaire, mais une fête continentale où les nations font battre leur cœur au même rythme. En espaçant les éditions, la CAF risquait de priver les supporters de leur grand rendez-vous et les joueurs, d'une occasion régulière de briller sous le maillot national.

La CAF a également été accusée d'avoir accepté que le football africain soit sommé de revoir ses habitudes pour ne pas déranger les championnats européens. Le président de la CAF a réfuté toute pression extérieure, mais la question se pose de savoir si la réforme avait été dictée par les exigences du football européen plutôt que par les intérêts du continent.

La CAF semble avoir réalisé que sa décision initiale n'était pas bien étudiée. Mieux vaut corriger une mauvaise passe que s'obstiner à envoyer le ballon dans les tribunes. La question se pose de savoir si la CAF avait réellement étudié le terrain avant de changer de tactique. Il est important que la CAF ait une boussole, un projet et des dirigeants capables de tenir leur ligne sans s'entêter dans l'erreur.

Le football africain n'est pas la propriété de ceux qui occupent les loges officielles. Il appartient aussi aux joueurs qui transpirent, aux supporters qui se ruinent parfois pour un billet et aux peuples qui font de la CAN, une affaire de cœur. Les dirigeants peuvent jongler avec les dates, bricoler les calendriers et habiller leurs revirements de beaux discours, mais ils ne peuvent pas décréter la passion populaire par circulaire.

La CAF devra prendre en compte les intérêts de tous les acteurs du football africain pour prendre une décision finale. Il est important que la décision soit prise en consultation avec les fédérations et les supporters. La CAN est un événement important pour le football africain et il est crucial que la décision finale soit prise avec soin et considération pour tous les acteurs impliqués.

Key points

  • La CAF envisage de revenir à une organisation de la CAN tous les deux ans en raison de problèmes financiers et de contestation.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.