Depuis les élections législatives et locales de 2025, l'Union nationale, un parti politique majeur au Gabon, semble avoir considérablement réduit son empreinte dans le débat politique. Cette discrétion surprend d'autant plus que les grandes séquences de l'actualité nationale semblent désormais se dérouler sans réaction officielle de sa présidente, Paulette Missambo, censée incarner cette formation politique.
La crise de l'Éducation, en début d'année, avait pourtant largement mobilisé la classe politique, mais l'Union nationale s'est montrée peu audible, du moins ses tout premiers responsables. Ironie du calendrier, son vice-président et député, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, était pour sa part aux premières loges, très investi dans cette crise, et avait même indiqué avoir été nommé médiateur.
Sur les réseaux sociaux du parti, les publications concernant directement la présidente Paulette Missambo occupent davantage le terrain que les prises de position sur les grands sujets nationaux. Pendant ce temps, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi continue de faire entendre sa voix, laissant à penser qu'il s'agit d'initiatives relevant d'une démarche personnelle, ce qui alimente des suspicions de dissonance au sein du parti.
Le parti a réussi à s'intégrer dans le cercle très restreint des partis représentatifs au sens de la nouvelle loi sur les partis politiques. Pourtant, même son 16e anniversaire est passé sous silence le 10 février dernier, avec seulement un post de Ntoutoume Ayi évoquant "l'âge de la construction", tandis qu'il n'y avait aucune trace de cette date importante sur la page Facebook du parti.
Cette situation ne manque pas de piquant pour une formation longtemps connue pour avoir beaucoup de choses à dire. À l'approche de son 3e congrès ordinaire, dont la date n'a pas encore été fixée, une autre question se pose sur ce qui s'apparente au monologue d'Hamlet, avec le parti qui garde le silence et son vice-président qui occupe le micro, notamment en revendiquant son statut de député.
Une nouvelle stratégie politique semble se dessiner, même si rien ne permet de trancher, d'autant que l'Union nationale a pris position après les propos de Lanlaire à l'encontre du chef de l'État et de sa famille. Dans ce cas, c'est la présidente du parti qui est montée au front, en signant le communiqué y relatif.
Cependant, ces sorties ponctuelles ne dissipent pas complètement l'impression d'une présence devenue plus sélective. L'Union nationale semble avoir trouvé une curieuse répartition des rôles, avec le parti qui garde le silence et son vice-président qui occupe le micro, une situation qui soulève des questions sur l'évolution du parti à l'approche de son congrès.
Key points
- L'Union nationale au Gabon semble avoir réduit son empreinte dans le débat politique depuis les législatives et locales de 2025.
- Le vice-président de l'Union nationale, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, continue de faire entendre sa voix sur les grands sujets nationaux.
- La présidente de l'Union nationale, Paulette Missambo, est peu audible dans le débat politique actuel.