Vendredi, l'Éthiopie et l'Érythrée se sont mutuellement accusées d'avoir déclenché une guerre d'agression. L'Éthiopie accuse l'Érythrée de soutenir les rebelles de son État du Tigré, au nord du pays, qui ont lancé des attaques contre les forces fédérales le mois dernier. Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques et des troupes érythréennes ont été aperçues dans le nord du Tigré.

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, a écrit aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU que le comportement de l'Érythrée constituait "un acte d'agression flagrant qui met en jeu le droit inhérent de l'Éthiopie à la légitime défense". Le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, a réagi en affirmant que son pays était confronté à "une guerre d'agression non provoquée" de la part de l'Éthiopie.

L'armée éthiopienne a repoussé le groupe rebelle Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et s'est emparée de sa capitale, Mekelle. Ethiopian Airlines a annoncé que les vols vers cette ville reprendraient à partir du 11 octobre. Certains éléments indiquent également que les forces fédérales ont repoussé les troupes érythréennes à l'aide de frappes massives de drones.

Des témoins ont déclaré que les rebelles avaient perdu deux autres villes du Tigré : Shire et Adigrat. Un travailleur humanitaire présent à Shire a indiqué que les combattants du TPLF et l'administration locale avaient quitté les lieux mercredi. Des pillards sévissent dans la ville, et quatre personnes ont été tuées et onze blessées lors d'un échange de tirs lié à ces pillages.

Des forces érythréennes ont été aperçues à Adigrat ces derniers jours avant d'être prises pour cible par des frappes de drones éthiopiens. Les rebelles battaient en retraite vers Sheraro, une ville proche de la frontière érythréenne. Kjetil Tronvoll, spécialiste régional à l'Oslo New University College, a déclaré que le TPLF était "en train de s'effriter", avec un moral au plus bas et un sentiment de frustration envers ses dirigeants.

L'Éthiopie, pays enclavé, a insisté à plusieurs reprises sur son droit à un accès direct à la mer, ce que l'Érythrée interprète comme une menace d'invasion et de prise de contrôle de son port d'Assab. Le ministre érythréen de l'Information a déclaré que cet engouement hystérique pour la mer Rouge devait être replacé dans le contexte des intentions antérieures de mener une guerre d'invasion contre l'Érythrée.

L'Érythrée a obtenu son indépendance de l'Éthiopie en 1993 et a mené une guerre frontalière brutale de 1998 à 2000. Les relations se sont améliorées avec l'arrivée au pouvoir d'Abiy en 2018 et l'Érythrée a combattu aux côtés de l'Éthiopie lors de la guerre civile de 2020-2022. Mais les relations se sont détériorées après la guerre, l'Érythrée étant mécontente de la manière dont celle-ci s'est conclue et craignant une invasion éthiopienne.

Key points

  • L'Éthiopie accuse l'Érythrée de soutenir les rebelles du Tigré.
  • Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques.
  • L'Éthiopie et l'Érythrée se sont mutuellement accusées d'avoir déclenché une guerre d'agression.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.