Le Cap-Vert, Etat insulaire de l’Afrique de l’Ouest, est actuellement en pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle du 15 novembre prochain. Six candidats sont en lice pour ce scrutin à deux tours, dont le chef de l’Etat sortant, José Maria Neves, et Joana Rosa, leaders respectifs des deux partis rivaux, le PAICV et le MPD. Le Cap-Vert est réputé pour sa stabilité démocratique et n'a jamais connu de violences électorales depuis son passage au multipartisme en 1991.

Le PAICV et le MPD se disputent le pouvoir depuis des années, remportant à tour de rôle les législatives et/ou les présidentielles, avec des scénarios de cohabitation fréquents. Cependant, le MPD a échoué à garder la main aux législatives de mai dernier, redonnant de l'avance au PAICV. Cette victoire met en confiance le chef de l’Etat, qui était contraint à la cohabitation avec le MPD.

José Maria Neves semble en bonne posture pour remporter la présidentielle, à la lumière des acquis de sa gouvernance. Le Produit intérieur brut (PIB) du Cap-Vert a progressé de 6,3% en 2025 après une croissance soutenue en 2024, selon la Banque mondiale. L’année dernière, le Cap-Vert a connu son premier excédent budgétaire global depuis 2007 à hauteur de 1% du PIB.

La dette publique cap-verdienne est également retombée à 100,7 % du PIB contre un niveau précédemment élevé. Les réalités changent positivement aussi sur le marché de l’emploi. Le taux de chômage est passé de 11, 90 en 2024 à 6, 2% en 2025. Le recul de la pauvreté a été également observé à cause de la reprise des services.

Le Cap-Vert a rejoint la catégorie des pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure depuis juillet 2025, un statut rare en Afrique subsaharienne. Ce statut est de nature à mettre en grande confiance les bailleurs, les investisseurs et les partenaires internationaux. Autant dire que le président sortant surfe sur de bons résultats, qui le placent en position confortable dans la course à sa réélection.

Cependant, il reste fort à faire pour lutter contre les effets du changement climatique, combattre davantage la pauvreté et le chômage et faciliter l’accès aux crédits. José Maria Neves le sait très bien et pourrait, en cas de réélection, poursuivre ses efforts pour un Cap-Vert encore plus prospère. Les avancées enregistrées ces dernières années font manifestement de lui le candidat le mieux placé pour l’emporter.

La principale adversaire du chef de l’Etat sortant, Joana Rosa de la MPD, a entamé un plaidoyer pour un équilibre du système, notamment à ce que la Présidence de la république soit un contrepoids. Le dernier mot revient aux urnes, qui détermineront si José Maria Neves sera réélu ou si Joana Rosa réussira à conquérir le pouvoir.

Key points

  • Le Cap-Vert est considéré comme un modèle de démocratie en Afrique.
  • Le président sortant José Maria Neves est favori pour remporter la présidentielle.
  • Le PAICV et le MPD se disputent le pouvoir depuis des années.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.