L'Érythrée a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de condamner fermement la déclaration de guerre déplorable de l'Éthiopie contre l'Érythrée, avertissant qu'elle causera des ravages considérables aux populations des deux pays et déstabilisera la région toute entière. Cette demande a été faite par le ministre des Affaires étrangères érythréen, Osman Saleh, dans une lettre jointe au Conseil de sécurité de l'ONU. L'Érythrée craint que cette déclaration de guerre ne déstabilise la région.
Cette escalade verbale intervient plus de deux semaines après la reprise des combats dans le nord de l'Éthiopie, opposant notamment l'armée fédérale aux forces des rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). L'Éthiopie accuse l'Érythrée de soutenir les rebelles du TPLF, ce que l'Érythrée dénie. Les relations entre les deux pays se sont détériorées ces dernières années, les deux parties s'accusant mutuellement de tentatives de déstabilisation.
L'Éthiopie a accusé l'Érythrée d'agression flagrante, justifiant l'exercice de son droit inhérent à la légitime défense. L'Érythrée a riposté en accusant l'Éthiopie de tentatives fallacieuses de justifier ses actes de guerre éhontés et d'avoir mis à exécution son projet d'invasion de l'Érythrée. Les deux pays ont une histoire de conflits, notamment une guerre sanglante entre 1998 et 2000 qui a fait des dizaines de milliers de morts.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre les risques d'escalade qui compromettent davantage la stabilité de la région. Il a rappelé aux pays de la région le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un autre pays, ainsi que leur obligation de s'abstenir d'utiliser la menace ou l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État.
Les forces fédérales éthiopiennes ont utilisé leurs drones contre les forces érythréennes dans la nuit de mercredi à jeudi à Adigrat, ville située à environ 40 km de route au sud de la frontière de l'Érythrée. Les forces érythréennes se sont répondues plus au nord. Les troupes éthiopiennes sont entrées samedi matin dans Adigrat et en ont pris le contrôle, selon un habitant.
L'Éthiopie avait décrété le 1er octobre des actes d'hostilités et de belligérance de son voisin, entraînant la rupture de leurs relations diplomatiques. Les vols d'Ethiopian Airlines vers la capitale régionale, Mekele, avaient été suspendus avec le début des affrontements, mais la compagnie aérienne a annoncé la reprise du service à partir de dimanche.
Le Conseil de sécurité de l'ONU doit examiner la demande de l'Érythrée et prendre des mesures pour éviter une déstabilisation de la région. Les États-Unis et d'autres pays ont exprimé leur inquiétude face à l'escalade des tensions entre l'Éthiopie et l'Érythrée.
Key points
- L'Érythrée demande au Conseil de sécurité de l'ONU de condamner la déclaration de guerre déplorable de l'Éthiopie.