L'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution condamnant l'embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis. Le texte, présenté par La Havane, appelle Washington à lever son embargo et exhorte les autres pays à ne pas appliquer de mesures similaires. Cette résolution est devenue rituelle, mais elle prend cette année une dimension particulière en raison du durcissement des restrictions américaines contre l'île communiste.
Les États-Unis ont durci leurs restrictions contre Cuba sous l'impulsion du président américain Donald Trump. La loi américaine Helms-Burton, adoptée en 1996, permet de sanctionner certaines activités économiques étrangères liées à Cuba. L'Assemblée générale dénonce les effets extraterritoriaux de cette loi. La résolution n'a toutefois aucune force contraignante, et le soutien international à cette condamnation s'érode.
Le soutien international à la condamnation de l'embargo s'effrite. En 2024, 187 pays avaient voté pour la levée de l'embargo, contre seulement deux voix contre, les États-Unis et Israël, et une abstention. En 2025, ils n'étaient plus que 165 à soutenir le texte, contre sept oppositions et 12 abstentions. Mercredi, la résolution n'a recueilli que 130 voix favorables, contre 17 oppositions et 25 abstentions.
La Havane dénonce des pressions exercées par Washington contre plusieurs autres gouvernements pour qu'ils renoncent à soutenir l'île. En janvier, Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane aux pays fournissant du pétrole à Cuba, contribuant à tarir les approvisionnements énergétiques de l'île. Les coupures d'électricité se multiplient, perturbant les transports, la distribution d'eau, les communications et le fonctionnement des hôpitaux.
Le coordonnateur de l'ONU à Cuba, Francisco Pichon, a averti que le durcissement des mesures américaines fait désormais peser un risque d'effondrement humanitaire. L'Organisation mondiale de la santé a également alerté sur les conséquences des pénuries énergétiques pour les services de santé. Les pénuries de médicaments sont notamment préoccupantes.
Les tensions entre Washington et La Havane ont éclaté au grand jour mardi, lors de la première journée du débat. L'ambassadeur américain auprès de l'ONU, Mike Waltz, a accusé le régime cubain de corruption et de mauvaise gestion, ce que le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a contesté. La séance a dû être brièvement suspendue.
Le débat a mis en évidence les limites de la résolution adoptée par l'Assemblée générale. Seul le Congrès américain peut lever l'embargo. En attendant, les résolutions se succèdent, les sanctions restent en vigueur et les pénuries s'aggravent. Le fossé entre condamnation internationale et réalité quotidienne ne cesse de se creuser pour les Cubains.
Key points
- L'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution condamnant l'embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis.
- Le soutien international à la condamnation de l'embargo s'effrite.
- Les tensions entre Washington et La Havane se sont accrues en raison du durcissement des restrictions américaines contre Cuba.