Les Nations Unies ont publié une analyse le 21 septembre 2026, à la veille du Sommet sur le climat du Secrétaire général à New York. L'organisation estime que le dépassement temporaire de l'objectif de l'Accord de Paris, limiter le réchauffement à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, est désormais largement considéré comme inévitable. L'enjeu n'est donc plus de l'éviter, mais de le contenir autant que possible et de le rendre aussi court que possible.
Il y a dix ans, le monde se dirigeait vers plus de 4°C de réchauffement. Grâce à l'Accord de Paris, la trajectoire est redescendue à 2,3°C si tous les engagements nationaux actuels sont tenus. Cependant, le climat continue de se réchauffer. Les onze dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, avec leur lot de chaleur, sécheresses, inondations, tempêtes et incendies qui pèsent sur les vies et les économies.
L'ONU rappelle que le dépassement ne consiste pas en une année chaude isolée, mais en une hausse moyenne mesurée sur plusieurs décennies, qui franchit le seuil, atteint un pic, puis redescend si les émissions sont fortement réduites. Cette baisse n'est pas garantie. Même si tous les plans nationaux actuels et les promesses de neutralité carbone étaient pleinement mis en œuvre, le réchauffement culminerait autour de 1,8°C selon le PNUE.
Une différence qui semble minime mais qui est vitale. Plus les températures grimpent haut et longtemps, plus les risques explosent. Chaque fraction de degré coûtera des vies, détruira des moyens de subsistance, creusera les inégalités et rapprochera les écosystèmes de dommages irréversibles, a averti le Secrétaire général António Guterres.
Le problème est l'écart entre la science et l'action. Près de 90% des émissions mondiales sont couvertes par des plans climatiques actualisés, les CDN. Mais même appliqués, ils ne réduiraient les émissions que de 10% d'ici 2035, alors qu'il faudrait 60% pour garder 1,5°C à portée. Il faut donc accélérer la transition.
Réduire vite le méthane et les autres polluants à courte durée de vie, stopper la déforestation, sortir des fossiles pour les renouvelables, moderniser les réseaux électriques et électrifier transports et industrie. Aller vite, c'est aussi une question de sécurité énergétique. Trois personnes sur quatre vivent dans des pays importateurs de pétrole et de gaz, vulnérables aux conflits.
L'ONU réclame des financements moins coûteux, une réforme des banques multilatérales et plus d'investissements privés pour soutenir la transition. Le financement conditionne aussi la justice de la transition. Il doit aider les travailleurs à se reconvertir, créer des emplois décents, permettre aux pays producteurs de minerais pour batteries de transformer sur place plutôt que d'exporter brut.
Key points
- Le dépassement de 1,5°C est désormais largement considéré comme inévitable.
- L'ONU appelle à accélérer la transition pour contenir le réchauffement.
- Le financement est crucial pour soutenir la transition et la justice climatique.