L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les acteurs nationaux ont lancé les 23 et 24 septembre 2026 le Plan d'investissement pour la mobilité climatique au Tchad. L'objectif est d'identifier les territoires où le dérèglement climatique risque de pousser davantage de populations à partir, puis trouver les financements pour agir avant la crise. Le plan a été lancé à N'Djaména, dans une salle du Radisson Blu.
Le dérèglement climatique a des conséquences concrètes sur la population tchadienne. Les inondations détruisent des maisons, des exploitations agricoles et des parcelles, faisant perdre aux populations non seulement des biens, mais aussi la possibilité de rester dans leur région. En 2024, les inondations ont touché environ 1,9 million de personnes au Tchad, faisant 576 morts et détruisant plus de 432 000 hectares de terres arables.
L'agriculture et l'élevage font vivre près de 80 % de la population tchadienne, et le choc climatique devient rapidement un problème économique et social. La sécheresse ou le manque de pluie pose le même problème sous une autre forme, avec la diminution ou l'irrégularité des ressources pouvant modifier les itinéraires de transhumance et réduire les moyens de subsistance.
Une étude réalisée par l'OIM et l'Université de N'Djaména a montré que la mobilité constitue déjà, pour certaines populations, une stratégie d'adaptation face aux changements environnementaux. Le déplacement n'est donc plus seulement l'aboutissement d'une catastrophe, mais peut devenir le résultat d'une adaptation qui n'a pas été suffisamment anticipée.
Pour anticiper ces déplacements, l'OIM a développé le Risk Index for Climate Displacement (RICD), un outil qui combine des données sur les aléas, l'exposition des populations et leur vulnérabilité afin d'identifier les zones présentant un risque actuel ou futur de déplacement climatique. Cet outil permet d'identifier les zones prioritaires pour renforcer les infrastructures hydrauliques, sécuriser les moyens de subsistance et améliorer l'accès à l'eau.
Le Climate Mobility Investment Plan (CMIP) organise cette logique autour de quatre briques : diagnostic national, outils de décision, portefeuille de projets et cartographie des financements. Cela permet de savoir où agir, décider comment agir, monter les projets et trouver des financements pour les mettre en œuvre.
Le lancement du Plan d'investissement pour la mobilité climatique au Tchad est une étape importante pour anticiper les déplacements climatiques et trouver des solutions pour les populations les plus vulnérables. L'OIM et les acteurs nationaux espèrent que ce plan permettra de réduire les impacts du dérèglement climatique et d'améliorer la résilience des populations tchadiennes.
Key points
- L'OIM lance son plan d'investissement pour la mobilité climatique au Tchad pour anticiper les déplacements climatiques.
- Le dérèglement climatique a des conséquences concrètes sur la population tchadienne, avec des inondations et des sécheresses qui détruisent des biens et des moyens de subsistance.
- Le Plan d'investissement pour la mobilité climatique organise cette logique autour de quatre briques pour identifier les zones à risque et trouver des financements.