L'Iran a conditionné son maintien dans le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) au comportement futur des États-Unis et d'Israël. Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique, a affirmé que Téhéran n'a pas décidé de quitter le traité, mais ne l'exclut plus si les frappes américaines et israéliennes se poursuivent. Cette déclaration intervient après plusieurs décennies de tensions entre Téhéran, Washington et Israël autour du dossier nucléaire iranien.
Selon Mohsen Rezaei, l'Iran dispose de motifs suffisants pour quitter le TNP à la suite des frappes américaines et israéliennes menées contre son territoire. Rezaei a précisé que la conduite de Washington pourrait pousser Téhéran à se retirer du traité, laissant planer l'incertitude sur la suite. Il a ajouté que l'Iran demeure totalement fidèle à l'édit religieux du guide suprême et n'a pas révisé sa doctrine nucléaire.
Le traité de non-prolifération nucléaire a été signé par l'Iran en 1968 et ratifié en 1970. Il engage les États signataires non dotés de l'arme nucléaire à renoncer à son développement en échange d'un accès garanti aux technologies civiles. Un retrait de Téhéran romprait un engagement vieux de plus de cinquante ans et priverait l'Agence internationale de l'énergie atomique de tout mécanisme de contrôle sur les sites iraniens.
Rezaei a indiqué que Téhéran avait fait parvenir à Washington, par l'intermédiaire de médiateurs qataris et pakistanais, une liste de conditions pour mettre fin à la guerre en cours. Ces exigences porteraient sur trois axes : l'arrêt des combats sur l'ensemble des fronts, le dégel des avoirs iraniens bloqués à l'étranger, et la levée du blocus naval américain visant les ports du pays.
Le programme nucléaire iranien fait l'objet de tensions avec les États-Unis et Israël depuis le début des années 1990. Des cycles de sanctions, de négociations et de sabotages se sont succédé pendant plus de trente ans, jusqu'à la rupture ouverte de juin 2025, marquée par des frappes israéliennes puis américaines sur les sites de Fordo, Natanz et Ispahan.
La déclaration de Mohsen Rezaei intervient alors que les capacités nucléaires réelles de l'Iran, après des mois de bombardements, restent difficiles à évaluer faute d'inspections indépendantes sur le terrain. La position exprimée laisse à Téhéran une marge de manœuvre diplomatique, tout en maintenant la pression sur ses adversaires occidentaux et israélien.
Plusieurs puissances européennes conditionnent toute levée de sanctions à un changement de comportement iranien. L'Iran attend désormais une réponse du président américain Donald Trump aux conditions transmises via le Qatar. Les précédentes tentatives de négociation entre les deux pays s'étaient déjà soldées par un échec.
Key points
- L'Iran conditionne son maintien dans le Traité de non-prolifération nucléaire aux actions des États-Unis et d'Israël.
- Téhéran a transmis à Washington une liste de conditions pour mettre fin à la guerre en cours.
- Le programme nucléaire iranien est au cœur de tensions avec les États-Unis et Israël depuis le début des années 1990.