L'intelligence artificielle est au cœur des débats sur son impact potentiel sur l'économie et la société. Si certains craignent qu'elle ne supprime de nombreux emplois et aggrave la pauvreté, d'autres y voient une opportunité de gains de productivité et de progrès social. La question essentielle est de savoir comment l'IA pourra améliorer la vie du plus grand nombre. Les experts s'accordent à dire que l'impact de l'IA sur l'emploi sera significatif, mais que des mesures d'accompagnement seront nécessaires pour minimiser les effets négatifs.

Selon une étude publiée en 2025 dans le Quarterly Journal of Economics, l'IA peut augmenter la productivité des travailleurs. Dans le cas d'agents de service client assistés par une IA, une hausse moyenne de 15 % de la productivité a été observée. Les bénéfices étaient plus importants pour les travailleurs les moins expérimentés. Cela suggère que l'IA peut être un outil précieux pour améliorer l'efficacité et la qualité du travail.

L'Organisation internationale du travail a publié une étude en mai 2025 qui révèle qu'environ un emploi sur quatre dans le monde présente une exposition potentielle à l'IA générative. L'organisation considère que la transformation des emplois constitue l'issue la plus probable. Cependant, l'exposition à l'IA ne correspond pas nécessairement à un nombre annoncé de licenciements. Des emplois pourront disparaître, tandis que d'autres évolueront ou seront créés.

La formation continue, la reconversion et la protection sociale seront essentielles pour accompagner la transition vers une économie où l'IA joue un rôle croissant. Il faudra également préserver les possibilités d'apprentissage des jeunes, notamment lorsque les tâches traditionnellement confiées aux débutants seront automatisées. Les gouvernements et les entreprises devront travailler ensemble pour mettre en place des mesures d'accompagnement efficaces.

L'IA pourrait également contribuer à réduire certaines inégalités, notamment en termes d'accès à l'information et à l'expertise. Pour les pays africains, cette possibilité mérite une attention particulière dans les secteurs minier, énergétique, industriel et des infrastructures. Les travaux du FMI soulignent que l'IA pourrait relever les revenus de nombreux travailleurs, tout en accentuant les inégalités.

Pour que l'IA bénéficie à tous, il faudra organiser le partage des gains de productivité. Cela peut se faire par plusieurs voies : rémunérations, participation aux bénéfices, actionnariat salarié ou populaire, baisse des prix, services publics et protection sociale. L'accès aux outils d'IA sera également crucial pour éviter que cette technologie ne soit réservée aux grandes entreprises et aux catégories les plus favorisées.

Pour le Mali et l'Afrique, l'enjeu est de développer des compétences, des applications et des entreprises capables de répondre aux besoins locaux. Cela suppose une électricité fiable, une connectivité accessible, des données pertinentes et des capacités de contrôle. Le progrès devra être mesuré par ses effets concrets : revenus réels, qualité des services, emplois dignes, diminution de la pénibilité et temps disponible.

Key points

  • L'IA peut augmenter la productivité des travailleurs et améliorer l'efficacité du travail.
  • La formation continue et la protection sociale seront essentielles pour accompagner la transition vers une économie où l'IA joue un rôle croissant.
  • L'accès aux outils d'IA sera crucial pour éviter que cette technologie ne soit réservée aux grandes entreprises et aux catégories les plus favorisées.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.