L'extrême droite gagne du terrain en Europe, notamment en Allemagne où le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) a pris une importance considérable. Cette progression s'observe également dans d'autres pays, où des forces nationalistes, xénophobes et autoritaires sont de plus en plus influentes. Selon Alger républicain, cette montée de l'extrême droite est souvent expliquée par la montée du racisme, la peur de l'immigration, le nationalisme, la désinformation et l'influence de dirigeants populistes.

Cependant, ces phénomènes ne suffisent pas à expliquer pourquoi l'extrême droite trouve aujourd'hui un terrain aussi favorable. Pour comprendre cette évolution, il faut examiner la réalité sociale. Depuis plusieurs décennies, les travailleurs européens sont confrontés à une dégradation de leurs conditions de vie, notamment avec la stagnation des salaires, la précarisation de l'emploi, la crise du logement et l'affaiblissement des services publics.

Les politiques d'austérité, les privatisations, la flexibilisation du travail et la mise en concurrence des salariés ont profondément transformé les sociétés européennes. Ces politiques n'ont pas été conduites uniquement par les gouvernements conservateurs, mais également par des gouvernements libéraux et sociaux-démocrates. C'est une des raisons de la crise politique actuelle, car une partie des classes populaires ne distingue plus clairement les partis qui se succèdent au pouvoir.

La colère sociale qui en résulte peut conduire à la solidarité, à la syndicalisation et à la lutte collective, mais elle peut également être détournée vers la recherche de boucs émissaires. L'extrême droite cherche à désigner des responsables plus proches, tels que les immigrés, les réfugiés, les chômeurs ou les minorités, pour détourner l'attention de la répartition des richesses et du pouvoir économique.

Le racisme joue un rôle politique important dans cette évolution, car il peut devenir un instrument de division sociale. L'immigré n'est pas responsable du chômage, de la crise du logement ou de la baisse des salaires, mais l'extrême droite cherche à le rendre responsable de ces problèmes pour détourner la question sociale en question identitaire.

La solidarité de classe recule au profit de la division nationale, car le travailleur n'est plus invité à se considérer d'abord comme un travailleur ayant des intérêts communs avec d'autres travailleurs, mais comme un membre d'une nation. Cette évolution est d'autant plus facile que le mouvement ouvrier a été affaibli dans de nombreux pays européens, laissant un espace libre à d'autres forces, notamment à l'extrême droite.

L'extrême droite prétend parler au nom du "peuple" contre les "élites" et se présente comme antisystème, mais il faut regarder derrière les slogans pour comprendre ses véritables intentions. La montée de l'extrême droite doit également être replacée dans le contexte international, notamment dans les rivalités économiques et géopolitiques croissantes en Europe.

Key points

  • L'extrême droite progresse en Europe en exploitant le mécontentement des populations.
  • La colère sociale est détournée par l'extrême droite vers la recherche de boucs émissaires.
  • Le racisme joue un rôle politique important dans la division sociale.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.