La Chine, les États-Unis et l'Inde sont actuellement en tête de la course à l'intelligence artificielle (IA), bénéficiant ainsi aux pays exportateurs de technologie tels que le Japon, la Corée, Taïwan, le Mexique et la Malaisie. Cependant, selon Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), cette dynamique pourrait ne pas profiter à tous les pays. Lors de son discours à Singapour, elle a souligné l'importance d'une coopération mondiale accrue dans ce domaine pour éviter que l'essor de l'IA n'exacerbe les inégalités entre les pays.

Le matériel dédié à l'IA et les produits technologiques associés représentent désormais plus d'un dixième du commerce mondial de marchandises, une part en constante progression. Kristalina Georgieva a plaidé pour une coopération mondiale pour tirer parti de ce pouvoir transformateur. Elle a insisté sur la nécessité de généraliser l'accès à l'IA dans le monde entier, ce qui exige de la coopération et des garde-fous réglementaires. Le FMI estime que l'IA pourrait générer jusqu'à un demi-point de pourcentage de croissance mondiale supplémentaire par an si elle est bien mise en œuvre.

L'essor de l'IA intervient dans un monde où l'énergie est chère, et l'IA accroît la demande. Les coûts progressent et entraînent par ricochet ceux des engrais, des denrées alimentaires et des composants industriels essentiels. Cette situation alimente l'inflation tout en freinant la croissance, qui jusqu'ici a plutôt bien résisté aux vents contraires, des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient aux tensions commerciales. L'Asie et l'Europe sont particulièrement touchés.

Les taux d'intérêt grimpent alors que les finances des gouvernements ne sont pas particulièrement saines. Les rendements des obligations souveraines à 10 ans des États-Unis, de l'Allemagne et du Japon ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis respectivement 2007, 2009 et 1996. En France aussi, les taux sont au plus haut depuis 2008. Dans la zone euro, les écarts de rendement par rapport aux Bunds allemands continuent de se creuser.

Kristalina Georgieva déplore l'absence d'action décisive dans les économies avancées très endettées, où l'heure devrait être à des plans crédibles de consolidation budgétaire à moyen terme. Au cours des dix-sept dernières années, les taux d'intérêt sont restés inférieurs aux taux de croissance du PIB, mais ce différentiel est bien moins favorable aujourd'hui. Les taux étant désormais supérieurs à la croissance dans les pays européens et aux États-Unis.

L'accélération de la croissance nécessaire pour réduire le ratio dette publique sur PIB sans effort budgétaire semble hors de portée à court terme. Le FMI craint que l'essor de l'IA ne profite qu'aux pays déjà avancés dans ce domaine, creusant ainsi les inégalités entre les pays. Une situation qui pourrait être évitée avec une coopération mondiale accrue.

Le directeur général du FMI a souligné que passer de 3 % à 3,5 % de croissance mondiale reviendrait à ajouter à l'économie mondiale, sur une décennie, une économie de la taille de l'Asean. Le FMI estime que l'IA peut être un moteur de croissance, mais il est essentiel de mettre en place des politiques pour que les bénéfices de l'IA soient partagés équitablement entre les pays.

Key points

  • Le FMI craint que l'essor de l'IA ne creuse les inégalités entre les pays.
  • Une coopération mondiale accrue est nécessaire pour tirer parti de l'IA.
  • L'IA pourrait générer jusqu'à un demi-point de pourcentage de croissance mondiale supplémentaire par an.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.