Le secteur privé de l'enseignement secondaire au Mali est devenu un acteur majeur, avec une présence significative dans les orientations des élèves après le Diplôme d'études fondamentales (DEF). En 2023, 58% des élèves régulièrement orientés après le DEF avaient rejoint le privé, soit 41 000 élèves, contre 29 900 dans le public. Cette tendance s'inscrit dans une augmentation constante du nombre d'établissements privés, qui sont désormais majoritaires dans le secondaire général.
Le poids du privé dans l'enseignement secondaire est confirmé par les chiffres du ministère de l'Éducation nationale. En 2022-2023, le Fondamental II comptait 3 298 établissements privés sur 5 884, soit 56,1%. Au secondaire général, 1 169 établissements étaient privés contre 86 publics, soit 93,1% des 1 255 structures recensées. Dans la filière technique et professionnelle, 717 des 745 écoles recensées en 2023 étaient privées, contre 26 publiques.
Le ministère de l'Éducation nationale a multiplié les rencontres avec les acteurs de l'école à l'approche de la rentrée 2026-2027. Le 15 septembre, les syndicats ont notamment soulevé la disponibilité des enseignants, la sécurité des établissements, les écoles fermées et l'état d'avancement des orientations des admis au DEF. Le lendemain, le ministre a reçu d'autres partenaires, parmi lesquels les associations de parents d'élèves et plusieurs organisations de promoteurs d'écoles privées.
La reprise des autorisations d'ouverture d'écoles privées, suspendues depuis 2021, a été effective en décembre 2025. Depuis, plus de 50 établissements du secondaire général, sept du fondamental et deux du préscolaire ont obtenu de nouveaux arrêtés d'ouverture. Le 20 août, le ministère a levé la mesure de verrouillage qui frappait des établissements privés d'enseignement secondaire, permettant à plus de 200 structures d'accueillir des élèves orientés par l'État.
Le développement du privé pose des questions sur la capacité de l'État à réguler ce secteur. L'Association des parents d'élèves du Mali s'inquiète de la proportion d'élèves orientés vers le privé, qui pose des questions sur le coût supporté par l'État, la qualité de l'enseignement et le respect des normes. Pour Ousmane Almoudou Touré, responsable de la Synergie des syndicats signataires du 15 octobre 2016, l'État doit garder le contrôle et éviter que l'école ne devienne "juste du commerce".
Les contrôles ont déjà montré que le problème ne tient pas seulement au nombre d'établissements. Une vérification du Bureau du Vérificateur général a établi que 1 850 élèves initialement orientés dans le public avaient été transférés irrégulièrement vers des établissements privés, avec des subventions correspondantes de 257,36 millions de francs CFA. Le développement du privé nécessite donc un encadrement strict pour éviter les abus.
La disponibilité du personnel et le climat social sont également des préoccupations pour la rentrée 2026-2027. Les syndicats ont évoqué l'adéquation entre les besoins des établissements et les ressources humaines disponibles, ainsi que plusieurs difficultés liées aux conditions d'exercice. Le ministère assure avoir engagé des actions pour améliorer l'utilisation des ressources et des infrastructures et permettre le respect du calendrier scolaire.
Key points
- Le secteur privé de l'enseignement secondaire au Mali est devenu indispensable, avec 58% des élèves orientés après le DEF rejoignant le privé en 2023.