Les autorités égyptiennes ont confirmé jeudi avoir arrêté les six journalistes de la plateforme d'investigation Matsadaash, invoquant des liens avec les Frères musulmans, organisation interdite dans le pays. Cette arrestation démontre une escalade dans l'offensive contre le travail journalistique dans le pays, selon Lobna Darwish, membre de L'Initiative égyptienne pour les droits de la personne.

Le ministère égyptien de l'Intérieur a déclaré que la plateforme, non autorisée, diffuse depuis l'étranger de fausses informations et déforme les faits. Le site est lié aux organes de presse de l'organisation terroriste des Frères musulmans, selon le ministère. Cependant, le ministère n'a apporté aucun élément à l'appui de ses accusations, et le lieu de détention des journalistes n'a pas été précisé.

Le site Matsadaash a nié tout lien avec un parti politique et affirmé que la plateforme s'était engagée depuis sa création en 2018 dans une démarche fondée sur la vérification des informations et la rectification des déclarations trompeuses. Spécialisée dans le fact-checking, Matsadaash remet souvent en cause les déclarations des autorités et d'organismes gouvernementaux.

Le site a notamment publié récemment une vérification de propos du ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, sur le nombre de réfugiés dans le pays. Selon l'EIPR, le nombre total de journalistes détenus en Egypte en lien avec leur profession s'élève désormais à 26. Le Caire est fréquemment critiqué pour des violations des droits humains et des atteintes à la liberté d'expression.

Des organisations de défense des droits humains accusent les autorités de détenir un grand nombre de dissidents et de prisonniers d'opinion, ce que les autorités démentent. Mahmoud Kamel, membre du Syndicat des journalistes égyptiens, a estimé que ces nouvelles arrestations s'inscrivaient dans un climat général étouffant pour les libertés.

Le seul crime commis par les personnes arrêtées est d'avoir exercé leur métier de journaliste en menant des recherches et des analyses pour révéler la vérité, selon M. Kamel. C'est là le rôle fondamental de la presse. Les autorités égyptiennes sont sous pression pour respecter les droits de l'homme et la liberté d'expression.

Les organisations de défense des droits de l'homme et les syndicats de journalistes continuent de dénoncer les arrestations de journalistes et les restrictions à la liberté d'expression en Egypte. Les autorités égyptiennes doivent faire face à des critiques croissantes concernant leur bilan en matière de droits de l'homme et de liberté de la presse.

Key points

  • Les autorités égyptiennes ont arrêté six journalistes de la plateforme d'investigation Matsadaash pour des liens présumés avec les Frères musulmans.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.