Le projet de monnaie unique ouest-africaine, l'Eco, a connu plusieurs reports depuis son annonce il y a près de quatre décennies. Initialement attendu pour 2020, le lancement de l'Eco a été repoussé à plusieurs reprises. Cependant, le 7 septembre 2026, le Conseil de convergence de la CEDEAO a estimé que l'objectif d'un lancement en 2027 demeurait réalisable et a demandé l'accélération des travaux préparatoires. Cette perspective mérite d'être prise au sérieux, mais elle soulève également des questions fondamentales sur la nécessité d'une monnaie unique pour approfondir l'intégration économique en Afrique de l'Ouest.

La monnaie doit rester un instrument pour faciliter les échanges, préserver la stabilité économique, soutenir l'investissement et contribuer à l'amélioration du niveau de vie. Une monnaie unique éliminerait le risque de change entre les pays participants, réduirait les coûts de conversion, faciliterait la comparaison des prix et pourrait stimuler les investissements transfrontaliers. Cependant, elle transfère également la politique monétaire à une banque centrale commune, ce qui peut poser des problèmes pour des économies différentes. Les critères de convergence sont nécessaires mais insuffisants pour garantir la réussite d'une union monétaire.

Une monnaie nationale permet à un pays de conserver une politique monétaire propre, tandis qu'une monnaie unique remplace les monnaies des États participants et transfère la politique monétaire à une banque centrale commune. Entre les deux, il existe une monnaie commune ou une unité régionale de compte et de règlement, utilisée pour certaines transactions entre États, banques centrales, institutions financières ou entreprises, tandis que les monnaies nationales continuent de circuler. Le PAPSS permet déjà des paiements transfrontaliers dans la monnaie locale de l'émetteur et du bénéficiaire.

La BCEAO a lancé en septembre 2025 sa Plateforme interopérable du système de paiement instantané, PI-SPI. Cette plateforme permet des paiements transfrontaliers rapides et sécurisés. Les avantages de la monnaie unique sont réels, mais il est important de considérer les défis et les risques associés à une union monétaire. Les petites économies ne seraient pas nécessairement perdantes, mais elles devraient pouvoir compter sur des mécanismes de solidarité suffisamment robustes lorsqu'elles subissent un choc spécifique.

Le débat sur l'Eco est souvent dominé par les critères de convergence : inflation, déficit public, financement monétaire du déficit, réserves de change et autres indicateurs macroéconomiques. Ces critères sont nécessaires pour garantir la stabilité économique et la convergence des politiques monétaires. Cependant, le respect de ces critères ne suffit pas à garantir la réussite d'une union monétaire. Il est important de considérer les aspects institutionnels, financiers et politiques d'une union monétaire.

Le commerce intra-CEDEAO est actuellement évalué à environ 12 % du commerce total de la région, selon le président de la Commission de la CEDEAO en 2025. Le projet de monnaie unique pourrait stimuler le commerce régional et renforcer l'intégration économique. Cependant, il est important de considérer les défis et les risques associés à une union monétaire, notamment la perte de souveraineté monétaire et les risques de chocs économiques.

Quatre scénarios sont comparés pour l'intégration économique de l'Afrique de l'Ouest : monnaie unique, monnaie unique à plusieurs vitesses, monnaie commune ou unité de règlement, maintien des monnaies avec système de paiement et compensation. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté la CEDEAO le 29 janvier 2025, mais ils restent membres de l'UMOA et utilisent le franc CFA. L'objectif doit rester le développement : produire, commercer, investir et financer le développement au meilleur coût.

Key points

  • La monnaie unique éliminerait le risque de change et réduirait les coûts de conversion.
  • Les critères de convergence sont nécessaires mais insuffisants pour garantir la réussite d'une union monétaire.
  • Le projet de monnaie unique pourrait stimuler le commerce régional et renforcer l'intégration économique.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.