La Banque mondiale a publié un bulletin intitulé « Combler les fossés, saisir les opportunités : l’intelligence artificielle, les emplois et la croissance », qui met en lumière les défis auxquels est confrontée la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan pour tirer parti de l'intelligence artificielle (IA). Selon la Banque mondiale, trois lacunes interdépendantes freinent le développement de l'IA dans cette région.
La première de ces lacunes est la localisation. L'arabe, qui compte plus de 500 millions de locuteurs, représente moins de 1 % des données d'entraînement des modèles de pointe. Le persan et l'ourdou sont également très largement sous-représentés. Cela se traduit par une perte de précision des modèles les plus sophistiqués d'un dialecte arabe à l'autre, comparé à l'arabe standard moderne.
La deuxième lacune est l'utilisation. En Jordanie, par exemple, 96 % des entreprises qui adoptent l'IA l'emploient pour générer des images, des vidéos, de la parole, de l'audio ou du texte, mais moins de 5 % l'intègrent dans leurs processus de production ou leurs systèmes de prise de décision. Cela montre que les entreprises de la région ne tirent pas pleinement parti de l'IA.
La troisième lacune est le capital de base. Les talents en IA sont de plus en plus nombreux mais concentrés dans les économies du Golfe, et beaucoup quittent les pays à revenu intermédiaire pour les pays du Golfe et de l'OCDE. Les compétences cognitives plus larges restent faibles dans toute la région. De plus, certaines économies à revenu intermédiaire et fragiles n'ont pas encore assuré une électricité fiable et le haut débit.
Le rapport de la Banque mondiale pointe également du doigt un secteur privé mal préparé. Seulement 16 % des entreprises de la région ont introduit un nouveau produit ou service au cours des trois dernières années, contre 29 % dans les autres pays émergents et en développement. À peine 24 % ont investi dans le capital physique, et moins d'une sur cinq offre une formation formelle à ses travailleurs.
La Banque mondiale estime que la réglementation n'est pas un frein à la diffusion de l'IA, mais plutôt son absence. L'objectif est de mettre en place des cadres clairs et prévisibles pour encourager le développement de l'IA. La collaboration régionale est également considérée comme une opportunité importante pour tirer parti des capacités développées ailleurs dans la région.
La Banque mondiale préconise une approche coordonnée pour combler ces lacunes et permettre à la région de profiter pleinement de l'IA. Des capacités de calcul partagées, des ensembles de données linguistiques communs et des cadres de gouvernance coordonnés pourraient aider les pays à tirer parti des opportunités offertes par l'IA.
Key points
- L'arabe représente moins de 1 % des données d'entraînement des modèles de pointe.
- Les talents en IA sont concentrés dans les économies du Golfe.
- La réglementation n'est pas un frein à la diffusion de l'IA, mais plutôt son absence.