Lors de la 20e conférence annuelle du cabinet AELEX à Lagos, le professeur Benedict Oramah a appelé les pays africains à abandonner la dépendance aux modèles économiques étrangers au profit de solutions endogènes. Il a conditionné la transformation économique du continent à la mobilisation des capitaux locaux, au renforcement des institutions financières africaines et à l’investissement dans l’industrialisation. Cette prise de position s’inscrit dans un débat ancien sur la dépendance économique de l’Afrique et les conditions de son émancipation.

M. Oramah a mis en garde contre l’adoption systématique des « meilleures pratiques » internationales, souvent conçues pour répondre aux réalités économiques d’autres régions du monde. Il a souligné que l’indépendance politique de l’Afrique resterait inachevée tant qu’elle ne serait pas accompagnée d’une véritable émancipation économique. Selon lui, le continent doit rompre avec la dépendance aux financements et aux institutions financières étrangères.

Le professeur Oramah s’est inquiété de la détention hors du continent de 350 à 500 milliards de dollars de réserves de change africaines, alors que plusieurs pays peinent à accéder aux financements auprès des institutions financières internationales. Il a rappelé qu’Afreximbank avait mobilisé plus de 40 milliards de dollars à travers son programme de dépôts des banques centrales durant son mandat, illustrant le potentiel des instruments continentaux.

Pour M. Oramah, l’avenir économique du continent passe par le renforcement des investissements dans la transformation locale des ressources minérales, les banques commerciales africaines et les systèmes régionaux de paiement. Il a présenté le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) comme un levier important de l’intégration économique, grâce à la facilitation des échanges en monnaies africaines.

M. Oramah a invité les autorités nigérianes à définir leurs priorités nationales avant de choisir leurs partenaires internationaux. Il a mis en garde contre le risque de laisser les rivalités entre grandes puissances orienter les choix économiques africains. Selon lui, le continent doit davantage tirer profit de ses richesses naturelles au lieu de se limiter à l’exportation de matières premières.

L'ancien président d'Afreximbank a exhorté les pays africains à cultiver leur propre espoir et à faire de l’Afrique un acteur de son propre développement plutôt qu’un terrain d’affrontement des intérêts étrangers. Il a conclu que si les pays africains fuyaient les partenaires internationaux, d'autres les attendraient, soulignant l'importance d'une stratégie lucide.

Cette prise de position de M. Oramah résume sa vision pour l'avenir économique de l'Afrique. Les orientations qu'il propose pourraient redéfinir les équilibres financiers régionaux et réduire l’exposition des économies africaines aux chocs externes. La conférence annuelle du cabinet AELEX à Lagos a servi de cadre pour cet appel à la lucidité stratégique.

Key points

  • L’Afrique doit rompre avec la dépendance aux modèles économiques étrangers.
  • Le continent doit renforcer ses institutions financières et investir dans l’industrialisation.
  • L'Afrique doit tirer profit de ses richesses naturelles et non se limiter à l'exportation de matières premières.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.