Les journalistes béninois Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni sont détenus depuis quinze mois. Reporters sans frontières (RSF) a publié un communiqué le 8 octobre 2026, dénonçant leurs conditions de détention et demandant aux autorités béninoises de garantir leur accès aux soins, à leurs proches et à des conditions matérielles dignes. Une délégation de RSF s'est rendue dans les prisons civiles de Ouidah et de Cotonou le 30 septembre dernier pour rencontrer les deux journalistes.
Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du média d'investigation Olofofo, est détenu à la prison civile de Ouidah. Son état physique s'est dégradé après plus d'un an de détention. Il souffre d'asthme et de problèmes oculaires, mais ne bénéficie pas d'un suivi médical régulier. Selon RSF, il a pu consulter un ophtalmologue plus tôt dans l'année, mais aucun suivi n'a été assuré depuis.
Les conditions de détention de Hugues Comlan Sossoukpè sont préoccupantes. Il ne dispose ni de réfrigérateur pour conserver ses aliments, ni de télévision ou de radio pour accéder directement à l'information. La sécurité des détenus est également une préoccupation, car les gardiens sont intervenus avec une heure de retard lorsqu'un codétenu a fait un malaise.
Après plusieurs mois d'isolement strict, Hugues Comlan Sossoukpè est désormais autorisé à passer quelques heures par semaine dans la cour de la prison et à recevoir des visites. Cependant, ces visites sont limitées, et seule son épouse dispose actuellement d'un permis de visite régulier parmi ses proches.
La situation d'Ali Moumouni, ancien journaliste de Canal 3, est également préoccupante. Il est détenu à la prison civile de Cotonou, dans une cellule de 16 mètres carrés avec huit autres prisonniers. Il s'alimente peu et ne dispose pas de réfrigérateur pour conserver ses aliments.
Les deux journalistes sont poursuivis pour « harcèlement par le biais d'un système informatique », « incitation à la violence », « rébellion » et « apologie du terrorisme ». Hugues Comlan Sossoukpè avait trouvé refuge au Togo après avoir été la cible de menaces. Il a été interpellé à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 10 juillet 2025, alors qu'il s'y était rendu à la suite d'une invitation professionnelle.
RSF demande aux autorités béninoises de garantir l'accès des journalistes aux soins, à leurs proches et à des conditions matérielles dignes, et d'accélérer l'instruction des dossiers afin que les procès puissent se tenir dans les meilleurs délais. La demande de mise en liberté provisoire introduite par Hugues Comlan Sossoukpè a été rejetée le 24 août 2026.
Key points
- Les journalistes béninois Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni sont détenus depuis quinze mois dans des conditions préoccupantes.
- RSF dénonce les conditions de détention des deux journalistes et demande aux autorités béninoises de garantir leur accès aux soins et à des conditions matérielles dignes.
- La procédure judiciaire est également critiquée pour sa lenteur, les deux journalistes étant poursuivis pour plusieurs chefs d'accusation.