La Journée mondiale du nettoyage a été célébrée le 20 septembre, mais à N'Djamena, au Tchad, la situation reste préoccupante. Les quartiers de la capitale sont jonchés de déchets, de caniveaux bouchés et de décharges sauvages. Les habitants, lassés des gestes ponctuels, réclament une action durable pour assainir leur ville. Malloum Mahamat Haroun, un boutiquier du marché d'Abena, estime que le nettoyage ne devrait pas être limité à une journée, mais devrait être une pratique quotidienne.
Le marché d'Abena, dans le 7ᵉ arrondissement, est un exemple criant de l'insalubrité qui règne dans la ville. Les déchets, les sacs plastiques éventrés, les épluchures et les eaux stagnantes bordent les étals, créant une atmosphère nauséabonde. Les habitants du quartier de Chagoua 2, autour du marché Taradona, à Diguel, Dembé, Ridina ou Toukra, constatent que les terrains vagues sont devenus des dépotoirs, où les déchets s'accumulent chaque soir.
Les caniveaux saturés retiennent les eaux stagnantes, favorisant les moustiques et les risques sanitaires. Les 7ᵉ et 8ᵉ arrondissements sont particulièrement touchés. Les habitants pointent du doigt l'incivisme quotidien, notamment le fait de jeter des déchets depuis une voiture ou de déverser les eaux usées dans la rue, mais aussi l'insuffisance de la collecte des déchets. Certains reconnaissent que l'absence de solutions pousse les gens à jeter les déchets n'importe où.
Pour le sociologue Mbaiguemem Armel, réduire le problème à la seule responsabilité individuelle serait trop simpliste. Il estime qu'il s'agit d'une crise de responsabilité collective. Il souligne également les inégalités entre quartiers et l'accès différencié aux infrastructures. Selon lui, une réponse durable doit combiner plusieurs leviers, notamment la sensibilisation, les sanctions et la collecte plus fiable des déchets.
Mbaiguemem Armel plaide pour une approche qui allie sensibilisation dès l'école, sanctions visibles et collecte plus fiable. Il souhaite que la Journée mondiale du nettoyage ne reste pas un événement ponctuel, mais devienne le point de départ d'une culture citoyenne durable. Il invite les citoyens à devenir les gardiens de leur quartier et à prendre des mesures pour préserver l'environnement.
L'édition 2026 de la Journée mondiale du nettoyage met l'accent sur le gaspillage alimentaire, l'un des flux de déchets les plus importants et les plus évitables. L'objectif est de transformer un geste simple de nettoyage en levier de prévention, d'économie circulaire et de villes plus durables. La Journée mondiale du nettoyage a été proclamée en 2023 par les Nations Unies et se tient chaque année le 20 septembre.
Key points
- - Les habitants de N'Djamena réclament une action durable contre l'insalubrité qui sévit dans la capitale. - Le sociologue Mbaiguemem Armel plaide pour une approche globale pour lutter contre l'insalubrité. - La Journée mondiale du nettoyage doit devenir le point de départ d'une culture citoyenne durable.