Ce samedi 10 octobre, Maurice commémore la Journée mondiale contre la peine de mort en se remémorant une période sombre de son histoire judiciaire. La dernière exécution par pendaison a eu lieu il y a 39 ans, le 10 octobre 1987, avec Eshan Nayeck, reconnu coupable du meurtre d'Abdool Rashid Atchia. Eshan Nayeck a été exécuté à la prison centrale de Beau-Bassin après avoir épuisé les recours possibles et n'avoir pas obtenu de clémence.

Depuis l'exécution d'Eshan Nayeck, personne n'a connu le même sort, même si la peine de mort est demeurée inscrite dans la législation pendant huit années supplémentaires. Ce n'est qu'en décembre 1995 que le pays a définitivement tourné cette page de son histoire pénale, mettant fin à une sanction qui avait longtemps suscité des débats sur la justice, la dissuasion et le droit à la vie.

Plusieurs affaires continuent de marquer les mémoires, notamment celles de Louis Léopold Myrtille, surnommé Popol, reconnu coupable du meurtre de Julienne Sarah, et de Bénédict Polimon et de Baba Rameshsing Ramlochun, un policier reconnu coupable du meurtre d'un chauffeur de taxi. Toutes les personnes condamnées à mort n'ont pas nécessairement été exécutées, certaines ont bénéficié de mesures de clémence, tandis que d'autres ont obtenu une révision de leur situation à la suite de procédures judiciaires.

Le parcours de Roger de Boucherville, condamné à mort le 21 février 1986 pour le meurtre du chauffeur de taxi Sooreeadoo Jodhun, est l'un des plus marquants. Après avoir attendu près d'une décennie dans le couloir de la mort, il a vu sa condamnation transformée en servitude pénale à perpétuité à la suite de l'abolition de la peine capitale en décembre 1995. Il a retrouvé la liberté le 19 février 2011, après environ 25 ans d'incarcération.

Le cas de Ponsamy Poongavanam, surnommé Sam, illustre une autre issue possible pour les condamnés à mort. Reconnu coupable de meurtre et condamné à la peine capitale le 28 mars 1987, il a échappé à l'exécution grâce à l'exercice de la prérogative de grâce. Sa condamnation capitale a été commuée en une peine de 20 ans d'emprisonnement sans possibilité de libération conditionnelle.

La peine capitale ne concernait pas uniquement les crimes de sang, certaines infractions graves liées au trafic de stupéfiants étaient également passibles de la peine de mort. Dix ressortissants étrangers, dont deux femmes, avaient été condamnés à mort entre 1988 et 1993 pour des infractions liées au trafic de drogue.

Key points

  • La dernière exécution par pendaison à Maurice a eu lieu le 10 octobre 1987.
  • La peine de mort a été abolie à Maurice en décembre 1995.
  • Plusieurs condamnés à mort ont bénéficié de mesures de clémence ou de révision de leur situation.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.