L'opposant Jean-Marc Kabund, président national de l'Alliance pour le Changement, a réagi aux déclarations du président Félix Tshisekedi sur l'arrestation de Prince Epenge, président de l'ADDCongo et porte-parole de Lamuka. Dans une déclaration publiée le 1er novembre, M. Kabund estime que les propos du chef de l'État risquent de compromettre l'indépendance de la justice dans cette affaire. Selon lui, les déclarations de M. Tshisekedi devant la diaspora congolaise en Russie peuvent être perçues comme une injonction politique adressée aux juges chargés d'examiner l'affaire.

M. Kabund conteste également les informations sur lesquelles M. Tshisekedi s'est appuyé pour affirmer que Manassé Lomboto, membre de la coalition d'opposition C64, était décédé des suites d'une maladie et non des violences survenues en marge de la manifestation du 15 septembre. L'ancien président a.i. de l'UDPS affirme avoir personnellement vu Manassé Lomboto participer à cette marche, quelques minutes avant une attaque à la machette dont il dit avoir été victime devant le siège de l'UDPS, à Kinshasa.

M. Kabund se dit disposé à apporter son témoignage devant les instances judiciaires compétentes. Il affirme avoir été témoin de la présence de Manassé Lomboto à la manifestation du 15 septembre. Cette prise de position intervient après les déclarations de M. Tshisekedi devant la diaspora congolaise en Russie, le 30 octobre, dans une vidéo publiée dimanche par la Présidence.

Le chef de l'État avait rejeté les accusations de répression visant son pouvoir après l'arrestation de Prince Epenge. Il avait soutenu que cette interpellation était liée à la diffusion présumée de fausses informations sur les circonstances du décès de Manassé Lomboto. Prince Epenge est accusé de propagation de faux bruits et a été arrêté le 25 octobre à l'aéroport international de N'djili, alors qu'il devait se rendre à Rome, en Italie, pour participer à une réunion de la Coalition article 64 (C64), selon son parti.

Dans un contexte de tensions entre le pouvoir et l'opposition, M. Kabund rappelle que l'issue de cette procédure doit reposer sur les faits et le droit, et non sur les déclarations des responsables politiques. Il estime que le président de la République aurait dû observer une réserve, le dossier relevant désormais de la compétence des magistrats.

M. Kabund accuse certains collaborateurs du chef de l'État de lui transmettre des informations qui confortent sa propre lecture des événements, au risque de l'éloigner de la réalité du terrain. Il considère que les déclarations publiques de M. Tshisekedi peuvent être perçues comme une pression sur la justice.

L'affaire Prince Epenge est un nouveau cas de tensions entre le pouvoir et l'opposition en République démocratique du Congo. Les deux parties s'accusent mutuellement de chercher à influencer la justice pour des intérêts politiques.

Key points

  • Jean-Marc Kabund accuse Félix Tshisekedi d'influencer la justice dans l'affaire Prince Epenge.
  • Félix Tshisekedi avait rejeté les accusations de répression visant son pouvoir après l'arrestation de Prince Epenge.
  • Prince Epenge est accusé de propagation de faux bruits et a été arrêté le 25 octobre.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.