L'interdiction des sachets d'eau en plastique à usage unique en Guinée, entrée en vigueur récemment, a marqué un tournant important dans la lutte contre la pollution plastique. Cependant, cette mesure a également mis en lumière un autre phénomène : la multiplication des marques d'eau conditionnée dans des bouteilles en plastique PET. Les bouteilles d'eau prennent progressivement la place laissée par les sachets dans les rues et les quartiers.
Le réflexe des consommateurs ne change pas, il faut continuer à boire de l'eau, seul le contenant change. Mais cette transformation appelle une question fondamentale : suffit-il désormais de mettre de l'eau dans une bouteille pour garantir qu'elle est propre à la consommation ? La réponse est évidemment non. L'eau destinée à la consommation humaine doit répondre à des normes sanitaires strictes, depuis sa source jusqu'au conditionnement.
Les autorités compétentes doivent redoubler de vigilance pour garantir la qualité de l'eau en bouteille. La Guinée a déjà connu une prolifération des marques de sachets d'eau, certaines étaient connues du grand public, d'autres non. Le risque serait aujourd'hui de reproduire exactement le même scénario avec les bouteilles en PET. Changer le contenant sans renforcer le contrôle reviendrait simplement à déplacer le problème.
Les autorités compétentes doivent être en mesure de répondre à des questions essentielles : Combien de marques d'eau conditionnée sont officiellement autorisées ? Où sont-elles produites ? Quelle est l'origine de leur eau ? Quels traitements subit-elle ? Les analyses microbiologiques et physico-chimiques sont-elles régulièrement effectuées ? Le consommateur ne devrait pas être obligé de faire confiance uniquement à une étiquette, à un logo ou à une belle bouteille.
L'État doit mettre en place un véritable dispositif de surveillance du secteur de l'eau conditionnée. Chaque marque devrait pouvoir être identifiée, tracée et soumise à des contrôles réguliers et inopinés. Les unités de production devraient également respecter des exigences strictes en matière d'hygiène, de traitement de l'eau, de stockage et de transport. Il y va de la crédibilité même de la politique d'interdiction des sachets d'eau.
La reconversion des unités industrielles qui étaient engagées dans la production de sachets d'eau vers la production ou le conditionnement de l'eau en bouteille pourrait être relativement rapide. Il n'est donc pas difficile d'imaginer que certains opérateurs puissent abandonner progressivement les sachets pour lancer de nouvelles marques d'eau en bouteille. Les bouteilles en PET sont un plastique couramment employé pour le conditionnement des boissons, notamment l'eau.
L'autre grande question est environnementale, que deviennent les bouteilles après consommation ? Si les sachets d'eau à usage unique sont interdits pour réduire la pollution plastique, il serait paradoxal de voir se développer massivement un autre modèle de consommation qui génère lui aussi des déchets plastiques, sans mécanisme efficace de récupération. Un système pourrait également être étudié pour certaines catégories de bouteilles pour faire en sorte que la bouteille ne termine pas sa vie dans la nature après quelques minutes d'utilisation.
Key points
- Les autorités guinéennes doivent renforcer les contrôles sur la qualité de l'eau en bouteille pour garantir la santé publique.