Soilahoudine Mohamed Ali, interrogé par Al-Watwan, a discuté des limites des modèles d'intelligence artificielle pour l'Afrique. Il a souligné que les modèles d'IA, tels que Perplexity, ChatGPT, Claude ou Gemini, ont été entraînés sur des données majoritairement occidentales, ce qui les rend peu adaptés aux besoins africains. Selon lui, le problème ne réside pas dans les algorithmes, mais dans la quantité de données africaines disponibles.
Les modèles d'IA ont été entraînés sur des données tirées de livres, de sites web et de productions occidentales, ce qui crée un biais en faveur des connaissances occidentales. Soilahoudine Mohamed Ali a expliqué que passer d'un modèle d'IA à un autre n'aurait rien changé, car le processus reste le même. Il a souligné que l'IA aurait effectué exactement les mêmes tâches, car les données d'entraînement sont similaires.
Soilahoudine Mohamed Ali a choisi Perplexity pour sa capacité à effectuer des recherches sur le web et à documenter ses sources. Il a expliqué que Perplexity repose sur un modèle nommé Sonar, issu d'un fine-tuning du modèle Llama développé par Meta. Ce modèle est conçu pour limiter les hallucinations, c'est-à-dire éviter que l'IA n'invente des réponses non sourcées.
L'étude de Soilahoudine Mohamed Ali conclut que la solution réside dans la production de contenu par les pays africains. Il préconise de « produire, documenter et référencer » pour mieux exister sur le web. Selon lui, les pays africains doivent prendre conscience de l'importance de produire des données et des connaissances pour être mieux représentés dans les modèles d'IA.
Cependant, les moyens financiers et techniques des institutions occidentales sont un obstacle pour les pays en développement. Soilahoudine Mohamed Ali a souligné que créer des sites web bien conçus et dédiés à des instituts de recherche ne coûte pas si cher, en tout cas pas pour un État. Il a expliqué que les chercheurs africains ont besoin de moyens pour mener leurs recherches et les transmettre au monde.
L'inaction des dirigeants africains est également un problème. Soilahoudine Mohamed Ali a déploré que les dirigeants africains ne soutiennent pas les initiatives locales qui travaillent sur l'IA. Il a souligné que les transformations numériques et technologiques du monde sont évoquées dans les grandes conférences mondiales et continentales, mais que les initiatives locales ne sont pas soutenues.
Enfin, Soilahoudine Mohamed Ali a souligné que les algorithmes profitent à ceux qui savent les exploiter, notamment en y injectant leurs propres données. Il a expliqué que les IA comme Claude, ChatGPT ou Perplexity sont entraînées sur des données tirées directement du web, ce qui rend obligatoire la présence africaine sur le web pour être mieux représentés dans les modèles d'IA.
Key points
- Les modèles d'IA ont été entraînés sur des données majoritairement occidentales.
- La production de contenu par les pays africains est essentielle pour être mieux représentés dans les modèles d'IA.
- Les moyens financiers et techniques sont un obstacle pour les pays en développement.