Le président de la Commission indépendante d'enquête sur les incendies des postes de transformation de Nouakchott, Ousmane Kane, a présenté les résultats de son enquête. Les investigations ont mis en évidence des défaillances à plusieurs étapes du projet de raccordement électrique. Selon lui, ces défaillances concernent notamment la préparation du marché, le changement de câble, le suivi des travaux et les procédures de mise en service.
Ousmane Kane a souligné l'indépendance des travaux conduits par son équipe. Il a affirmé n'avoir subi aucune pression de la part du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, du Premier ministre ou du ministre de l'Énergie et du Pétrole. Les contacts avec les autorités ont été pris à son initiative pour obtenir des éclaircissements et les appuis nécessaires à la conduite des investigations.
La commission a établi un lien entre les deux incendies et la pose de nouvelles liaisons électriques dans le cadre d'un projet destiné à renforcer l'alimentation de Nouakchott. Trois raccordements électriques étaient concernés : entre le poste Nord et la centrale du Nord, entre les postes Nord et Ouest, et entre les postes Est et Nord-Est. Les analyses techniques ont situé l'origine des deux sinistres dans les cellules où les câbles avaient été installés par une entreprise intervenant sur le projet.
La commission a relevé une succession de négligences, d'erreurs et de manquements dans l'ensemble de la chaîne d'exécution, depuis la conception jusqu'à la mise en service. Le président de la commission a précisé qu'il ne lui appartenait pas de qualifier juridiquement ces faits en distinguant les erreurs des fautes. Les experts ont examiné l'ensemble des procédures pour identifier les causes des incendies.
La préparation du projet a été jugée insuffisante par la commission. L'absence d'un accompagnement adéquat par un bureau de conseil dès la phase de préparation a été constatée. Le délai initial de quatre mois accordé aux entreprises pour réaliser les travaux est également mis en cause. Le budget prévisionnel était fixé à 880 millions d'anciennes ouguiyas, tandis que le marché a finalement été attribué pour 1,14 milliard d'anciennes ouguiyas.
Le changement de câble est un point majeur du dossier. L'entreprise a demandé à remplacer le fabricant du câble initialement proposé, quelques jours après la notification du marché. Le câble représentant 94 % du montant du marché, le choix du matériel constituait un élément central du contrat. Or, selon les informations recueillies par la commission, les essais exigés n'ont pas été fournis avant la commande.
La commission considère que le suivi des travaux a été défaillant. La supervision de l'installation des câbles a été confiée à la direction chargée de l'exploitation et de la distribution, déjà fortement sollicitée par les besoins quotidiens du réseau. Ousmane Kane a recommandé une réforme structurelle de la SOMELEC et un renforcement de la sécurité de ses installations.
Key points
- Les investigations ont mis en évidence des défaillances à plusieurs étapes du projet de raccordement électrique.
- La commission a établi un lien entre les deux incendies et la pose de nouvelles liaisons électriques.
- Le président de la commission a recommandé une réforme structurelle de la SOMELEC.