Human Rights Watch a publié un rapport jeudi 8 octobre accusant les Etats-Unis d'utiliser les expulsions vers des pays tiers en Afrique comme moyen de dissuasion. Selon l'ONG, ces expulsions violent le droit international relatif aux droits humains. Les Etats-Unis ont expulsé plus de 500 personnes vers des pays d'Afrique qui n'étaient pas leur pays d'origine, selon des données de la police de l'immigration américaine.

Les expulsions américaines sont encadrées par des accords, dont la plupart demeurent secrets. Une enquête de l'AFP avait mis en lumière des pressions de Washington sur des pays d'Afrique pour les contraindre à accepter des expulsés. Le Burundi a annoncé début octobre s'engager à accueillir des personnes expulsées des États-Unis, devenant ainsi le 15e État du continent à conclure un tel accord.

Selon HRW, certaines personnes expulsées ont été soumises à la détention arbitraire et ont vu leurs droits humains violés. Les personnes expulsées vers des pays comme les Palaos ou l'Eswatini sont menacées d'être abandonnées au milieu de nulle part. L'objectif est de leur faire peur, selon un responsable américain.

Les conditions de transfert et de renvoi des personnes expulsées sont dénoncées par HRW. Les trajets en avion ont duré jusqu'à 18 heures, durant lesquelles les poignets, la taille et les chevilles des personnes expulsées étaient entravés par des chaînes. Les personnes expulsées ne savaient pas où elles allaient être expulsées.

HRW rapporte que Washington a envoyé au moins une douzaine de personnes LGBT vers des États africains qui criminalisent les relations entre personnes de même sexe. Les personnes expulsées ont été soumises à des risques, notamment dans des pays comme la Centrafrique, la Guinée équatoriale, l'Eswatini, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud.

Le rapport de HRW est fondé sur des entretiens menés avec 24 personnes expulsées. Les personnes expulsées se sont retrouvées sans autre solution concrète que de retourner dans leur pays d'origine, malgré les risques auxquels elles y sont confrontées. Trois personnes parmi celles expulsées en Eswatini ont été rapatriées vers leur pays d'origine le mois dernier.

HRW demande aux Etats-Unis de cesser ces expulsions irrégulières. Les expulsions américaines ont concerné 25 000 personnes à travers le monde, dont 20 000 pour le seul Mexique, selon une enquête publiée en septembre par le consortium Forbidden Stories.

Key points

  • Les Etats-Unis ont expulsé plus de 500 personnes vers des pays d'Afrique qui n'étaient pas leur pays d'origine.
  • HRW dénonce des conditions de transfert et de renvoi des personnes expulsées.
  • Les expulsions américaines sont encadrées par des accords secrets avec des pays africains.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.