Le Groupe de la Banque mondiale a présenté récemment son troisième rapport sur le suivi de la situation économique de la Guinée. Intitulé « Au-delà de l’exploitation minière : transformer la richesse des ressources naturelles en croissance du secteur privé et en emplois », le document dresse un état des lieux de l’économie guinéenne et met en lumière les principaux défis auxquels le pays doit faire face. Le rapport a été présenté à l’occasion d’un atelier de dissémination qui a réuni plusieurs acteurs.

La Guinée connaît actuellement une dynamique de croissance soutenue, avec une contribution particulièrement importante du secteur minier. Selon Fulber Tchiana Tachana, économiste principal du Groupe de la Banque mondiale pour la Guinée, le pays affiche un taux de croissance assez soutenu autour de 8 % en moyenne. Cette croissance est tirée beaucoup plus par le secteur minier, qui connaît une croissance à deux chiffres, autour de 15 %. Le secteur non minier croît également autour de 5 %.

Le rapport accorde une place importante aux finances publiques, à la pauvreté et à la redistribution des richesses. La Banque mondiale estime que les performances économiques enregistrées doivent désormais être accompagnées de politiques publiques permettant de renforcer leur impact sur les conditions de vie des populations. Les autorités guinéennes sont invitées à mettre en place des politiques pour pousser vers une plus grande redistribution et une plus grande réduction de la pauvreté.

L’emploi, notamment celui des jeunes, est une préoccupation majeure. Malgré le poids considérable du secteur minier dans l’économie nationale, celui-ci demeure relativement peu créateur d’emplois directs. La Banque mondiale a examiné la question de l’emploi et cherché à savoir comment cette croissance peut être transformée en plus de développement du secteur privé et en plus de création d’emplois de qualité pour les jeunes.

Le projet Simandou occupe une place particulière dans les perspectives économiques de la Guinée. Avec le début de son exploitation, le pays s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières. Pour la Banque mondiale, cette situation représente une occasion majeure de faire des ressources naturelles un moteur de transformation structurelle de l’économie guinéenne.

La Banque mondiale entend accompagner les autorités guinéennes dans cette démarche. L’institution financière internationale est entièrement disposée à soutenir les autorités de manière à ce qu’elles saisissent cette opportunité historique avec le début de l’exploitation du projet Simandou. L’enjeu sera d’éviter que la croissance liée à l’exploitation des ressources naturelles reste concentrée dans le secteur minier.

Les recommandations formulées dans le rapport feront l’objet d’un partage avec les différents départements ministériels et les structures concernées. Le gouvernement veut capitaliser sur les recommandations pour orienter les politiques publiques. La société civile plaide pour une meilleure prise en compte du secteur de la santé.

Key points

  • La Banque mondiale préconise des politiques publiques pour renforcer l'impact de la croissance sur les conditions de vie des populations.
  • Le secteur minier tire la croissance économique de la Guinée, mais il demeure relativement peu créateur d’emplois directs.
  • Le projet Simandou représente une occasion majeure de faire des ressources naturelles un moteur de transformation structurelle de l’économie guinéenne.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.