Le président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Alexis Deswaef, est présent à Conakry pour commémorer le massacre du 28 septembre 2009. Cette année marque le 17e anniversaire des faits. Le 28 septembre 2009, des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées au stade de Conakry pour demander une transition démocratique et la tenue d'élections libres. Les forces de défense et de sécurité guinéennes ont violemment réprimé ce rassemblement pacifique.

Au moins 156 personnes ont été tuées, des dizaines sont toujours portées disparues et plus d'une centaine de femmes ont été victimes de viols et d'autres formes de violences sexuelles. La FIDH, l'OGDH et l'AVIPA réaffirment leur engagement aux côtés des victimes. Le président de la FIDH déclare que les victimes ne demandent pas seulement que l'on se souvienne, mais qu'elles demandent avant tout que justice soit rendue, que les responsabilités soient pleinement établies et que les réparations soient effectives.

Le processus judiciaire a connu des avancées, mais aussi des revers. Le procès du massacre s'est ouvert le 28 septembre 2022 et s'est terminé le 31 juillet 2024, avec la reconnaissance de la responsabilité de plusieurs hauts responsables guinéens et la condamnation de l'ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara, ainsi que plusieurs hauts responsables militaires à de lourdes peines. Cependant, la grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara le 28 mars 2025 et le décès en détention de deux autres condamnés ont porté de sérieux coups au processus de justice.

La seconde phase du procès a débouché sur une série de décisions défavorables aux parties civiles. Le 23 février 2026, la procédure visant Georges Oulemou, Thomas Touaro et Jean-Louis Kpoghomou a été annulée pour vice de forme et les trois hommes ont été remis en liberté. Le 27 juillet 2026, le colonel Bienvenu Lamah a été acquitté de l'ensemble des chefs d'accusation, après plus de trois ans et huit mois de détention préventive.

Le processus d'indemnisation des victimes est également largement insatisfaisant. Le décret adopté le 26 mars 2025 prévoit un premier versement indemnitaire, financé sur le budget national, au bénéfice des 334 victimes reconnues par le jugement de juillet 2024. Cependant, plus de 400 autres parties civiles restent exclues de ce dispositif, sans explication claire ni calendrier. Environ 200 victimes auraient effectivement reçu une indemnisation en septembre 2026.

La FIDH, l'OGDH et l'AVIPA estiment que l'ouverture du procès en appel contre Moussa Dadis Camara et les autres condamnés du jugement de juillet 2024, ainsi que la poursuite des procédures engagées contre les autres personnes impliquées, constituent désormais un enjeu essentiel pour les victimes. Le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale a accompagné le processus judiciaire guinéen et a signé un mémorandum d'entente avec les autorités guinéennes en 2022.

La FIDH appelle les autorités guinéennes à garantir l'ouverture et la transparence du processus judiciaire et à permettre au processus de justice d'aller à son terme, afin de garantir des réparations effectives à toutes les victimes. Le président de la FIDH a rencontré les victimes, les organisations guinéennes engagées depuis 2009 dans leur accompagnement et dans la lutte contre l'impunité, ainsi que les autorités guinéennes.

Key points

  • La FIDH, l'OGDH et l'AVIPA appellent les autorités guinéennes à garantir que justice et réparation soient enfin pleinement rendues 17 ans après le massacre du 28 septembre 2009.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.