La Fondation Mo Ibrahim a publié l’Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique 2026, révélant que le continent enregistre des progrès notables en matière de développement économique et humain. Cependant, ces avancées restent fragilisées par la détérioration continue de la sécurité, de l’état de droit et de la participation citoyenne. Selon l’indice, la gouvernance globale du continent s’est légèrement améliorée au cours de la décennie 2016-2025, malgré les chocs mondiaux successifs.
Les progrès les plus marquants concernent les Infrastructures, avec une amélioration constatée dans 52 pays, soit 84 % de la population du continent, tirée par l’accès à l’énergie, à Internet et à la connectivité mobile. L’Éducation et la Santé suivent, avec des améliorations respectivement dans 34 et 40 pays. Ces résultats témoignent de la capacité du continent à résister aux perturbations majeures de la décennie, notamment la pandémie de COVID-19 et les répercussions de la guerre en Ukraine.
Malgré ce contexte difficile, 44 pays représentant 68 % de la population ont amélioré leurs performances en matière de Fondements des Opportunités Économiques. Cette dynamique illustre une résilience réelle, mais aussi une forme de compromis : 25 pays, abritant près de 47 % de la population africaine, ont progressé économiquement alors même que leur sécurité et leur état de droit se détérioraient.
L’horizon reste toutefois assombri par la dégradation continue des catégories Sécurité & État de Droit et Participation, Droits et Inclusion, qui reculent respectivement dans 34 et 31 pays, représentant 78 % et 60 % de la population africaine. Un ralentissement de cette dégradation sécuritaire est observé depuis 2022, avec une amélioration dans 27 pays.
Mo Ibrahim lui-même avertit que sans progrès en matière de sécurité, d’état de droit et de participation, les avancées économiques et sociales ne sauront perdurer. Les progrès économiques sont d’ailleurs plus importants lorsque la sécurité et l’état de droit s’améliorent conjointement, comme le montrent les résultats de 20 pays représentant 22 % de la population.
Les Seychelles conservent la première place du classement, tandis que le Maroc fait son entrée dans le top 10, délogeant la Tunisie. L’Afrique du Sud, bien que cinquième, suit une trajectoire préoccupante d’accélération de la dégradation de sa gouvernance. Dans quatre des pays les plus peuplés du continent, Nigéria, RDC, Afrique du Sud et Soudan, la gouvernance globale s’est détériorée au cours de la décennie.
L’IIAG 2026 repose sur 319 variables issues de 59 jeux de données publiés par 51 sources africaines et internationales. L’ensemble des données, scores, classements et tendances par pays est librement accessible sur le portail iiag.online, permettant aux décideurs politiques, chercheurs, journalistes et citoyens d’explorer et de comparer les performances de gouvernance des 54 pays africains.
Key points
- La gouvernance globale du continent s’est légèrement améliorée au cours de la décennie 2016-2025.
- Les progrès les plus marquants concernent les Infrastructures, l’Éducation et la Santé.
- La dégradation continue des catégories Sécurité & État de Droit et Participation, Droits et Inclusion est une préoccupation majeure.