Une soirée qui aurait pu se terminer par une simple dispute a viré au drame à Gaoua, au Burkina Faso. Une altercation dans un débit de boissons entre deux clients, apparemment à cause d’une serveuse, a dégénéré en affrontement physique. Soumaïla, un orpailleur de 22 ans, ami de l'un des clients, est intervenu pour comprendre la situation. La dispute a rapidement tourné à la bagarre.
Selon les éléments de l’enquête, Soumaïla affirme avoir tenté de séparer les protagonistes avant de recevoir un coup de la victime, auquel il dit avoir riposté. Cependant, l'ami de Soumaïla a sorti un couteau et a poignardé à plusieurs reprises la victime, malgré les supplications de Soumaïla qui affirme avoir tenté de l’en dissuader. La situation a basculé, et l’auteur présumé des coups de couteau a pris la fuite.
Soumaïla, lui, a décidé de rester sur place, mais ne s’est pas immédiatement rendu à la gendarmerie pour dénoncer son compagnon. La victime, grièvement blessée, est restée plusieurs heures sans recevoir de secours. Transportée dans une structure sanitaire vers 5 heures du matin, elle a finalement succombé à ses blessures.
Le 6 juillet 2026, le Tribunal de grande instance de Gaoua avait condamné Soumaïla à sept ans d’emprisonnement, dont cinq ans ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de FCFA avec sursis, pour participation à une rixe ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Soumaïla a interjeté appel le 9 juillet 2026.
La cour d’appel de Bobo-Dioulasso, siégeant en audience foraine à Gaoua, le lundi 26 octobre 2026, a rejugé l’affaire. Le ministère public a relevé plusieurs éléments troublants, notamment la participation de Soumaïla à la bagarre et son absence de dénonciation immédiate des faits aux forces de sécurité. Le parquet a demandé à la cour de revoir la décision rendue en première instance.
La cour d’appel a finalement retenu que Soumaïla n’était pas l’auteur des coups de couteau mortels. La famille de la victime ne s’est pas non plus constituée partie civile. La juridiction a réduit sa peine à 36 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, assortis d’une amende d’un million de FCFA avec sursis. Soumaïla a également été condamné aux dépens.
Cette affaire met en lumière les conséquences dramatiques d’une bagarre qui a dégénéré en violence avec des armes. La réduction de la peine de Soumaïla par la cour d’appel de Bobo-Dioulasso reflète une appréciation plus nuancée des faits, prenant en compte les circonstances de l’intervention de Soumaïla et son absence de préméditation.
Key points
- La peine de Soumaïla a été réduite à 36 mois d’emprisonnement.
- La cour d’appel a considéré que Soumaïla n’était pas l’auteur des coups de couteau mortels.
- La victime est décédée des suites de ses blessures après plusieurs heures sans recevoir de secours.