Le 9ᵉ Forum mondial de la Mer a eu lieu à Bizerte les 24 et 25 septembre 2026, avec pour thème "Agir pour une Méditerranée sans plastique". Cette rencontre a rassemblé des décideurs, des experts, des entrepreneurs et des acteurs de la société civile pour discuter de la pollution plastique, un enjeu de santé publique, de justice environnementale et de régénération future. Les participants ont constaté que la Méditerranée, qui représente moins de 1% des eaux marines mondiales, concentre environ 7% des microplastiques de la planète.
Selon les données présentées lors du forum, la Méditerranée est particulièrement touchée par la pollution plastique. Des chiffres alarmants ont été communiqués : entre 150 000 et 500 000 tonnes de macro-déchets plastiques et entre 70 000 et 130 000 tonnes de microplastiques rejoignent les mers européennes chaque année, la grande majorité finissant en Méditerranée. Le programme "Adopt a Beach" a recensé plus de 90 000 fragments de plastique, 23 000 bouchons, 17 000 pailles et plus de 70 000 mégots sur une simple placette de 100 m x 10 m.
Les intervenants ont souligné le lien étroit entre la pollution du plastique et le changement climatique. Le plastique, issu de l'extraction et de la transformation du pétrole, émet des gaz à effet de serre sur l'ensemble de son cycle de vie. Selon l'OCDE, la production de plastique pourrait contribuer à environ 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050. Les participants ont appelé à traiter ces deux crises de façon simultanée et à identifier les synergies en termes d'action et de politique publique.
Les débats ont également porté sur la gouvernance, le droit et les limites de l'action nationale. Les intervenants ont reconnu les difficultés d'application des textes internationaux en Tunisie et ont appelé à renforcer la gouvernance à tous les niveaux, à mettre en œuvre concrètement les cadres réglementaires existants et à poursuivre le travail scientifique pour mieux caractériser l'évolution du phénomène.
Les participants ont insisté sur la nécessité de coalitions pluridisciplinaires pour répondre à la complexité des pollutions. Ils ont appelé à miser sur l'innovation, à construire des alliances sectorielles incluant connaissances, ingénierie, sciences du vivant, sciences humaines et sociales, et données numériques. Une proposition de "carré magique" a été faite pour structurer les projets disruptifs autour de quatre piliers : la connaissance, le modèle économique, la société civile et les institutions et territoires.
En clôture des débats, Pascal Lamy a souligné que la lutte contre la pollution plastique est "le sujet numéro un pour la Méditerranée" et qu'elle renvoie à une question de société. Il a lancé un appel à la responsabilité collective pour préserver la Méditerranée pour les communautés actuelles et futures. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d'actions locales concrètes, portées par les municipalités, les associations, les entreprises et les citoyens, des deux rives.
Les participants ont appelé les États riverains à prioriser la réduction de la production de plastique, avant le recyclage et la gestion des usages. Ils ont insisté sur la nécessité d'une gouvernance renforcée, d'une innovation ouverte, d'une justice environnementale assumée et d'une mobilisation sans précédent de la société civile et de la communauté scientifique pour protéger la santé, préserver la biodiversité et sauvegarder la Méditerranée.
Key points
- La Méditerranée concentre environ 7% des microplastiques de la planète malgré ne représentant que moins de 1% des eaux marines mondiales.
- Le plastique pourrait contribuer à environ 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050.
- Les participants appellent à une action collective et à une gouvernance renforcée pour lutter contre la pollution plastique en Méditerranée.