L'interdiction des plastiques à usage unique en Guinée, entrée en vigueur en septembre dernier, a eu des conséquences inattendues sur les ménages. L'eau en sachet, qui était une source d'eau potable abordable pour des millions de foyers guinéens, a quasiment disparu du paysage. Les citoyens sont désormais obligés de se tourner vers l'eau embouteillée, ce qui représente un fardeau financier important.
Avant l'interdiction, un paquet de 20 à 25 petits sachets d'eau de 400 millilitres (ml) chacun se négociait entre 5 000 francs guinéens (chez les grossistes) et 7 000 francs (chez les détaillants). Dans les commerces du quartier, le sachet d'eau de 400 ml était vendu à seulement 500 francs guinéens. Aujourd'hui, les ménages doivent débourser cinq à six fois plus d'argent que d'habitude pour boire de l'eau.
Les prix de l'eau embouteillée sont officiellement fixés entre 2 500 et 3 000 francs pour le format de 33 à 35 centilitres, tandis que la bouteille de 1,5 litre s'affiche à 5 000 francs guinéens. Pour les familles, l'équation financière est épouvantable. Pour un foyer moyen de cinq personnes, à raison de trois petites bouteilles par membre et par jour (à 2 500 francs l'unité), la facture s'élève à 37 500 francs guinéens par jour uniquement pour l'eau de boisson.
Par mois, cette dépense en eau atteint la somme vertigineuse de 1 125 000 francs guinéens, dépassant souvent le budget consacré à la nourriture dans certains foyers. Ainsi, boire de l'eau minérale devient plus cher que se nourrir. Les ménages guinéens sont contraints de choisir entre la soif et la faillite.
La transition écologique ne peut se faire sur le dos des plus vulnérables, déjà asphyxiés par la cherté de la vie et l'inflation des denrées de première nécessité. Protéger la planète est un devoir, mais protéger la dignité et la santé des populations en est un impératif absolu.
Pour pérenniser cette mesure environnementale sans déclencher une crise sociale majeure, le gouvernement doit agir rapidement. Il doit réguler fermement le prix de l'eau en bouteille, subventionner les emballages écoresponsables ou accélérer le déploiement d'infrastructures d'eau potable publiques accessibles à tous.
Si ces mesures ne sont pas prises, cette réforme écologique ne restera qu'une mesure punitive de plus, dictée depuis des bureaux climatisés, loin des réalités et des verres d'eau du quotidien. Les populations guinéennes attendent des solutions concrètes pour alléger leur quotidien.
Key points
- L'interdiction des plastiques à usage unique a entraîné une augmentation significative des coûts de l'eau potable pour les ménages guinéens.
- Les ménages guinéens sont contraints de débourser cinq à six fois plus d'argent que d'habitude pour boire de l'eau.
- Le gouvernement doit agir rapidement pour réguler le prix de l'eau en bouteille et subventionner les emballages écoresponsables.