Les Nouvelles éditions africaines du Sénégal (NEAS) sont l'institution à l'honneur de la 18e édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK), qui se tiendra du 15 au 20 octobre 2026. Créées en 1972 à l'initiative du président-poète Léopold Sédar Senghor, les NEAS ont pour ambition de promouvoir une production éditoriale africaine et de contribuer à l'émancipation culturelle du continent noir.

Les NEAS ont démarré officiellement leurs activités en 1973 et comptent dans leur catalogue plus de 150 ouvrages et plus de 80 auteurs illustres. Leur directrice générale, Aminata Sy, souligne que c'est une grande fierté pour les NEAS d'être l'institution mise à l'honneur par la 18e édition de la Fildak. Elle rappelle que la maison d'édition est "la maison mère" d'un projet éditorial qui réunissait à l'origine le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Togo.

Les NEAS ont accompagné plusieurs générations d'écrivains, d'intellectuels et d'universitaires africains. Leur catalogue compte des œuvres devenues des références de la littérature africaine, notamment "Une Si longue lettre" de Mariama Bâ, "La grève des bàttu" de Aminata Sow Fall, "Dignité Ô femmes !" de Cheik Aliou Ndao et "L'Os de Mor Lam" de Birago Diop.

La maison d'édition a également publié des universitaires, des hommes politiques et des magistrats, tout en développant une importante production scolaire. Aminata Sy souligne que l'une des grandes originalités du projet senghorien résidait précisément dans la volonté d'"africaniser" les contenus pédagogiques.

Mais cet héritage historique ne met pas les NEAS à l'abri des difficultés qui affectent aujourd'hui le secteur de l'édition au Sénégal. La directrice générale évoque notamment la fin du monopole dont bénéficiaient autrefois les éditeurs nationaux dans le domaine scolaire, après l'ouverture des marchés à la concurrence.

Cette évolution, combinée aux difficultés de gestion et à la faiblesse du marché de la littérature générale, a fragilisé cette maison d'édition historique. Aminata Sy appelle ainsi à une réflexion sur la place des éditeurs nationaux dans le marché de l'éducation qu'elle estime à environ 1,5 milliard de francs CFA.

Les NEAS sont ainsi engagées dans une restructuration, avec l'ambition d'intégrer davantage le numérique dans leur modèle de production et de diffusion. La question des langues nationales constitue également une priorité pour la maison d'édition, qui se veut prête à accompagner cette politique et à ouvrir un nouveau marché aux éditeurs nationaux.

Key points

  • Les NEAS célèbrent leur 50e anniversaire à l'occasion de la FILDAK 2026.
  • La maison d'édition est confrontée à des difficultés économiques et à la concurrence du livre piraté.
  • Les NEAS souhaitent intégrer davantage le numérique dans leur modèle de production et de diffusion.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.