Des travailleurs migrants recrutés avec la promesse d'un emploi et d'un avenir meilleur se retrouvent piégés dans des situations de travail forcé, de servitude domestique ou d'exploitation sexuelle à Maurice. Le rapport américain 2026 sur la traite des personnes révèle une hausse du nombre de victimes identifiées à Maurice, mais aussi les failles persistantes du système de protection et de poursuites.

Selon le conseiller juridique de l'ONG Passerelle, Kashif Imambaccass, ces statistiques ne représentent qu'une fraction du phénomène. Il affirme que "ces chiffres sont le sommet visible d'un iceberg" et que beaucoup de victimes ignorent leurs droits, redoutent des représailles ou craignent d'être expulsées avant même de pouvoir témoigner.

La traite humaine ne se limite ni au trafic d'organes ni aux réseaux clandestins opérant à l'étranger. Elle comprend notamment le recrutement et le déplacement de personnes, par la tromperie, la coercition ou l'abus de vulnérabilité, à des fins d'exploitation sexuelle, de travail forcé ou de servitude domestique.

À Maurice, les principales formes observées concernent l'exploitation sexuelle et le travail forcé. Les femmes accompagnées par Passerelle viennent notamment de Madagascar, du Népal, d'Inde et de pays d'Afrique subsaharienne. Le rapport américain décrit des ressortissantes malgaches attirées par de fausses offres d'emploi ou de tourisme, puis exploitées sexuellement ou contraintes à la servitude domestique.

Les réseaux sociaux constituent également un outil de recrutement. Derrière une annonce apparemment légitime peuvent se cacher des intermédiaires qui promettent des salaires et des conditions de travail sans rapport avec la réalité. Le travail forcé touche aussi les hommes, notamment ceux employés dans le textile, la manufacture et la construction.

Depuis 2022, plus de 6 500 ressortissants malgaches sont arrivés à Maurice dans le cadre de contrats légaux. Le nombre de contrats visés a presque doublé en 2024 par rapport à l'année précédente. Cette migration répond à une demande réelle de main-d'œuvre, mais elle peut également créer des occasions d'exploitation.

Les victimes de traite humaine à Maurice sont souvent des migrants qui ont accepté de voyager pour un emploi, mais qui ont été exploités par la suite. Selon Kashif Imambaccass, "un migrant qui a accepté de voyager peut tout à fait être victime de traite s'il a été exploité par la suite".

Key points

  • Les travailleurs migrants à Maurice sont vulnérables à la traite humaine sous couvert d'emploi légal
  • Le rapport américain 2026 sur la traite des personnes révèle une hausse du nombre de victimes identifiées à Maurice
  • Les failles persistantes du système de protection et de poursuites à Maurice contribuent à la traite humaine

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.