La crise du logement est revenue au premier plan en Espagne. Des centaines de manifestants ont installé des tentes sur la Puertadel Sol, à Madrid, après une manifestation consacrée aux expulsions et à la hausse des loyers. La mobilisation a été déclenchée par l’expulsion de Maricarmen Abascal, 87 ans, qui occupait son logement madrilène depuis environ 70 ans. Son évacuation a provoqué une forte émotion et fait de son cas un symbole des difficultés rencontrées par les locataires espagnols.

Le cas de Maricarmen Abascal illustre les tensions croissantes dans les grandes villes espagnoles, où l’offre de logements accessibles ne suit plus l’évolution des prix. Selon le syndicat des locataires, le logement avait été racheté par une société immobilière qui avait ensuite augmenté le loyer de 275 %, jusqu’à 2 650 euros par mois. Cette hausse est un exemple de la pression immobilière qui s’est fortement accentuée ces dernières années.

La pression immobilière en Espagne est de plus en plus forte. Selon le portail Idealista, le prix moyen des locations en Espagne atteignait 15,1 euros par mètre carré en août, soit près du double du niveau observé dix ans plus tôt. À l’achat, le prix moyen s’établissait à 2 355 euros par mètre carré, en hausse de plus de 50 % sur la même période. Madrid figure parmi les marchés les plus tendus.

La capitale espagnole cumule une forte demande, une activité touristique importante et une offre limitée de logements sociaux. Les locations touristiques de courte durée ainsi que l’activité de certains fonds immobiliers sont régulièrement mises en cause par les organisations de défense des locataires. Le gouvernement a annoncé qu'il travaillait à un nouveau dispositif destiné à répondre à l’urgence du logement.

Le Premier ministre Pedro Sánchez a indiqué que le Conseil des ministres devait examiner un projet de décret-loi, baptisé dans le débat public « décret Maricarmen », en référence à l’octogénaire devenue le symbole de la mobilisation. Le gouvernement ne dispose toutefois pas d’une majorité parlementaire stable, ce qui pourrait compliquer l’adoption des nouvelles mesures.

La crise du logement intervient à l’approche des élections municipales et régionales prévues en 2027, puis des élections législatives. Le logement s’impose ainsi progressivement comme l’un des principaux sujets économiques et sociaux du débat espagnol. Les organisations de défense des locataires et les partis politiques sont de plus en plus préoccupés par la crise du logement.

Le gouvernement espagnol est confronté à une crise du logement qui affecte de plus en plus de personnes. Les manifestants qui ont installé des tentes sur la Puertadel Sol, à Madrid, réclament des mesures concrètes pour résoudre la crise du logement. Le « décret Maricarmen » pourrait être un premier pas vers une solution, mais son adoption est incertaine.

Key points

  • - La crise du logement est revenue au premier plan en Espagne avec des centaines de manifestants qui ont installé des tentes sur la Puertadel Sol, à Madrid. - Le cas de Maricarmen Abascal, 87 ans, expulsée de son logement madrilène, est devenu un symbole des difficultés rencontrées par les locataires espagnols. - Le gouvernement espagnol travaille à un nouveau dispositif destiné à répondre à l’urgence du logement, baptisé « décret Maricarmen ».

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.