L'interdiction des sachets plastiques à usage unique est entrée en vigueur en Guinée le 20 septembre 2026. Cette mesure vise à réduire les déchets plastiques qui envahissent les rues et les caniveaux. Cependant, elle soulève des inquiétudes quant à l'accès à l'eau potable, au coût de l'eau embouteillée et à l'avenir des emplois liés à la production et à la commercialisation des sachets d'eau.

Depuis l'entrée en vigueur de la mesure, les sachets d'eau minérale vendus à 500 francs guinéens l'unité ont pratiquement disparu des étals et des points de vente. Pour une partie importante de la population, ils constituaient le format le plus accessible. Leur disparition touche de nombreux ménages, contraints de se tourner vers des bouteilles plus coûteuses ou de consacrer une part plus importante de leur budget à l'achat d'eau.

Les prix de l'eau embouteillée connaissent des hausses dans certains points de vente, tandis que les spéculations alimentent les inquiétudes des consommateurs. Le ministère de l'industrie et du commerce a rappelé que l'interdiction de l'importation, de la production et de la commercialisation des objets plastiques à usage unique ne justifie aucune hausse spéculative du prix de l'eau embouteillée. Les producteurs, importateurs, distributeurs et commerçants sont invités à maintenir les prix pratiqués avant l'entrée en vigueur de la mesure.

Le ministère de l'industrie et du commerce a annoncé des dispositions pour diversifier l'offre, notamment avec des formats de bouteilles adaptés aux besoins des consommateurs et la promotion de sachets biodégradables. Cette orientation va dans le sens d'une transition nécessaire. Encore faut-il que ces alternatives soient disponibles rapidement, en quantité suffisante et à des prix compatibles avec le pouvoir d'achat des Guinéens.

La Société des eaux de Guinée (SEG) peine encore à couvrir l'ensemble des besoins en eau potable. La disparition soudaine d'un mode de conditionnement bon marché ne peut être traitée comme une simple affaire commerciale. Pour les populations confrontées aux difficultés d'approvisionnement, l'eau minérale en sachets constitue une solution de recours. Si cette solution devient trop chère, une partie des consommateurs risque de se tourner vers des sources d'eau moins sûres.

L'interdiction des sachets plastiques bouleverse l'activité économique liée à la production et à la commercialisation de l'eau en sachet. Derrière chaque sachet d'eau vendu se trouve une chaîne économique composée de producteurs, d'ouvriers, de distributeurs, de transporteurs, de revendeurs et de petits commerçants. L'enjeu n'est pas de préserver à tout prix un modèle économique fondé sur un emballage dont l'impact environnemental est dénoncé.

Le ministre de l'environnement, Fassou Théa, s'est félicité de l'adhésion de la population à l'interdiction des sachets plastiques à usage unique. Il a indiqué que les autorités et les fabricants se sont réunis pour faire le point sur la situation et réfléchir aux solutions alternatives. La recherche de ces alternatives est nécessaire pour garantir à chacun l'accès à une eau potable, sûre et abordable.

Key points

  • L'interdiction des sachets plastiques en Guinée provoque une pénurie d'eau potable abordable
  • Le ministère de l'industrie et du commerce a annoncé des dispositions pour diversifier l'offre d'eau embouteillée
  • La transition écologique doit se faire sans faire peser son coût sur les citoyens les plus modestes

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.