Le 28 août 2026, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant le ministère de l'Éducation à Tunis pour s'opposer à la scolarisation des enfants de migrants subsahariens en situation irrégulière dans les écoles publiques tunisiennes. Les manifestants, dont certains étaient des enfants, brandissaient des pancartes avec des slogans tels que "Non à l'installation" et "La patrie est une ligne rouge". Cette mobilisation traduit un rejet de la présence de migrants subsahariens en Tunisie, qui se manifeste également au sein du Parlement.

La députée Fatma Mseddi a déclaré que l'école publique ne peut pas se transformer en solution automatique à toutes les crises migratoires de la région. Elle a adressé un message au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et aux organisations internationales chargées des migrations, leur demandant de trouver des solutions alternatives pour garantir l'éducation des enfants de migrants africains présents en Tunisie.

En Tunisie, la Constitution garantit les droits de l'enfant sans discrimination et dans l'intérêt supérieur de l'enfant, avec un enseignement obligatoire et gratuit jusqu'à 16 ans. Le Code de protection de l'enfant de 1995 impose aux parents d'inscrire leurs enfants à l'école, et la loi n° 2018-50 relative à l'élimination de la discrimination raciale réaffirme que l'État doit prévenir toute discrimination, y compris dans le domaine éducatif.

Cependant, entre le texte et la réalité, il existe un fossé immense. Ferdinand Tohbi, secrétaire général de l'Union des Ivoiriens en Tunisie, a souligné que les lois tunisiennes garantissent l'éducation pour tous, mais que dans le contexte actuel, les parents préfèrent se cacher avec leurs enfants pour éviter d'être arrêtés. Romdhane Ben Amor, militant spécialisé sur les questions migratoires, a également relevé que les pratiques sont opposées aux lois et conventions.

Le nombre d'enfants subsahariens déscolarisés en Tunisie est inconnu. Le ministère de l'Éducation a affirmé que les statistiques relatives à la rentrée scolaire 2026-2027 seront publiées dans les communiqués émis par le ministère, mais n'a pas fourni de chiffres précis. Romdhane Ben Amor pense que les autorités s'abstiennent délibérément de publier ces données pour banaliser le discours raciste.

L'un des principaux obstacles à la scolarisation des enfants subsahariens est administratif. L'inscription scolaire exige des documents tels qu'un extrait de naissance, des documents d'identité de l'enfant et de son tuteur légal, ainsi qu'une attestation de résidence. La plupart des enfants en déplacement résidant en Tunisie ne disposent pas de ces pièces.

Le racisme est également un obstacle à part entière. L'OMCT a relevé que les enfants originaires d'Afrique subsaharienne subissent un traitement différent de celui réservé aux enfants venus du Maghreb ou du Machrek, en raison d'une discrimination fondée sur la couleur de leur peau. Ferdinand Tohbi a rapporté des témoignages directs de refus d'inscription en raison de la couleur de peau.

Key points

  • Les enfants subsahariens en situation irrégulière en Tunisie font face à de nombreuses difficultés pour accéder à l'éducation en raison de la discrimination et de la bureaucratie.

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SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.