Le 29 septembre, l’ambassadeur de la RDC auprès des Nations unies, Zénon Mukongo, a répliqué aux accusations de Kigali concernant le retour du général-major Sylvain Ekenge à ses fonctions de porte-parole des FARDC. Mukongo a refusé que Kigali puisse s’immiscer dans les décisions relatives aux officiers de l’armée congolaise. Le diplomate congolais a répondu avec fermeté aux observations de son homologue rwandais, Martin Karoli Ngoga.

Le Rwanda a exprimé ses préoccupations après le retour du général-major Sylvain Ekenge à ses fonctions, mais Kinshasa n’a pas choisi de laisser passer. Mukongo a dénoncé l’ingérence de Kigali dans les décisions de l’armée congolaise, affirmant que le Rwanda ne peut pas demander à la RDC de nommer des officiers qu’il désigne. Le représentant congolais a rappelé que les décisions concernant l’armée relèvent du commandant des Forces armées, le chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Le retour de Sylvain Ekenge est présenté par le représentant congolais comme une décision interne, sur laquelle Kigali ne saurait intimer une quelconque injonction. Le ton employé à New York témoigne de la détermination de Kinshasa de ne pas laisser ce dossier devenir un nouveau levier de pression diplomatique. Mukongo a directement questionné l’intérêt manifesté par Kigali pour les affaires intérieures congolaises.

Derrière le cas d’un officier, c’est la question de la souveraineté de la RDC qui se retrouve au centre de la confrontation. Kinshasa refuse que la gestion de ses forces armées puisse devenir un sujet sur lequel le régime Kagame veut encore s’offrir un faux prétexte d’exercer une influence. Cette position rejoint le ton plus général adopté par la RDC dans les échanges diplomatiques récents avec son voisin.

La prise de bec s’est ensuite étendue à la question des ressources naturelles. Zénon Mukongo Ngay a accusé Kigali de s’intéresser aux richesses congolaises et d’en tirer profit. Une accusation lourde, qui montre que, pour Kinshasa, le dossier Ekenge ne peut être isolé du contentieux plus large qui oppose les deux pays.

Le dossier Sylvain Ekenge reste toutefois lié à un épisode qui avait provoqué sa suspension. Au début de l’année, l’officier avait tenu sur la télévision publique des propos sur le mariage avec les femmes d’origine tutsie que l’état-major général des FARDC avait vite pris ses distances et précisé qu’elles ne reflétaient pas la position officielle du pays.

L’administration Tshisekedi brandit la souveraineté comme un bouclier face aux préoccupations exprimées par Kigali sur le dossier Sylvain Ekenge. Pour Kinshasa, la gestion des officiers des FARDC relève de ses prérogatives et ne saurait devenir une porte d’entrée pour une quelconque ingérence extérieure. Le gouvernement congolais transforme le dossier Sylvain Ekenge en ligne rouge face à Kigali.

Key points

  • Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, est au cœur d’une nouvelle passe d’armes diplomatique entre Kinshasa et Kigali.
  • Kinshasa refuse que la gestion de ses forces armées puisse devenir un sujet sur lequel le régime Kagame veut encore s’offrir un faux prétexte d’exercer une influence.
  • Le dossier Ekenge ne peut être isolé du contentieux plus large qui oppose les deux pays sur les ressources naturelles.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.