Le président américain Donald Trump a de nouveau exprimé son opposition à l'accord sur les Chagos lors de sa première rencontre en personne avec le Premier ministre britannique Andy Burnham, mardi 22 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Trump a déclaré : « Je ne soutiens pas cela. Je pense que c'est terrible. » Il a également insisté sur l’importance stratégique de Diego Garcia pour les États-Unis.
La position américaine n’est pas nouvelle, selon le ministre mauricien des Affaires étrangères, Ritish Ramful. Il a indiqué que Donald Trump avait déjà exprimé son opposition lors de précédentes rencontres. Le point nouveau se situe davantage du côté britannique. Après sa rencontre avec Trump, Andy Burnham a affirmé vouloir parvenir « à une résolution acceptable ».
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a tenu le même discours lors d’une rencontre mardi avec Ritish Ramful. Il a maintenu que Londres allait continuer à travailler pour trouver une solution acceptable pour toutes les parties. Cette volonté de poursuivre les discussions intervient alors que Londres reconnaît que l’accord ne peut avancer dans sa forme actuelle sans le soutien américain.
Le traité négocié entre Maurice et le Royaume-Uni prévoit le transfert de souveraineté de l’archipel à Maurice, tout en permettant au Royaume-Uni et aux États-Unis de continuer à utiliser la base militaire de Diego Garcia. Le Royaume-Uni devait verser à Maurice 165 millions de livres sterling par an pendant les trois premières années, soit Rs 10,5 milliards au taux de change du jour, puis 120 millions de livres sterling, soit Rs 7,6 milliards, à partir de la quatrième année.
Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a indiqué mercredi sur BBC Radio 4 que les paiements prévus au bénéfice de Maurice étaient suspendus « à ce stade ». Il a expliqué que Londres cherchait un accord pouvant obtenir à la fois l’aval de Washington, de Maurice et du gouvernement britannique. Il a également souligné l’importance stratégique de Diego Garcia pour la sécurité britannique et américaine.
Pour Ritish Ramful, l’attitude britannique laisse un espace au dialogue. Il a affirmé que « l’important, c’est que les Britanniques veulent trouver une solution. Ils veulent en finir avec le différend opposant Maurice et le Royaume-Uni sur cette question ». Les deux ministres ont également évoqué l’état des relations entre Maurice et le Royaume-Uni, qualifiées de « fraternelles » par Ritish Ramful, ainsi que le commerce et plusieurs domaines de coopération.
La rencontre entre Ed Miliband et Ritish Ramful ne s’est pas limitée au dossier Chagos. Les deux ministres ont également discuté de coopération dans l’enseignement supérieur et du changement climatique, avec le projet de mise en place d’une Climate Finance Unit au sein du ministère des Finances. Le Groupe Réfugiés Chagos a exprimé son « chagrin » face à la position de Donald Trump, mais son représentant, Olivier Bancoult, a affirmé que cette position américaine ne doit pas mettre fin aux espoirs d’une solution.
Key points
- Le président américain Donald Trump a réaffirmé son opposition au traité sur les Chagos.
- Le gouvernement britannique maintient sa volonté de travailler avec toutes les parties pour parvenir à une solution acceptable.
- Les discussions entre Maurice et le Royaume-Uni se poursuivent pour résoudre le problème de la souveraineté des Chagos.