Les consultations autour du dialogue national voulu par Félix Tshisekedi se poursuivent en République démocratique du Congo (RDC). Le chef de l’État cherche à rassembler les différentes composantes de la société congolaise autour d’un processus politique susceptible de contribuer à la cohésion nationale et à la recherche d’une sortie de crise. Le dialogue national est considéré comme un élément clé pour faire face à la crise sécuritaire et renforcer la position de la RDC dans les négociations régionales et internationales.

Le 3 octobre, Félix Tshisekedi a dépêché à Lubumbashi son directeur de cabinet, Anthony Nkinzo Kamole, et son conseiller Fortunat Biselele auprès de Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Cette rencontre intervient alors que le débat sur l’inclusivité du processus s’intensifie, sur fond de guerre dans l’Est et de divergences au sein de la classe politique. La CENCO pourrait jouer un rôle clé dans les derniers réglages devant permettre de passer d’un dialogue contesté pour son caractère exclusif à une véritable concertation nationale.

La CENCO occupe une position particulière dans ce processus en raison de son implantation nationale et de son expérience dans les processus de médiation politique. Avec l’Église du Christ au Congo (ECC), elle porte depuis janvier 2025 le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », une initiative destinée à favoriser une sortie de crise par le dialogue et la recherche de solutions consensuelles. La démarche des deux confessions religieuses s’inscrit dans une logique qui dépasse les seuls rapports entre majorité et opposition.

La mission confiée à Anthony Nkinzo Kamole et Fortunat Biselele consistait notamment à recueillir les vues du prélat sur le processus, mais aussi à explorer les possibilités de rapprochement entre les différentes approches. La rencontre de Lubumbashi pourrait ainsi constituer une étape supplémentaire dans les tractations destinées à déterminer les contours du futur dialogue. Les émissaires de Félix Tshisekedi ont échangé avec Mgr Fulgence Muteba sur les contours et les perspectives du processus de dialogue envisagé.

Une question revient désormais avec insistance dans les milieux politiques : le processus voulu par Félix Tshisekedi peut-il évoluer d’un dialogue perçu comme réservé à certaines composantes vers une véritable concertation nationale inclusive ? La réponse semble, du côté des partisans du dialogue, être positive. Encore faut-il parvenir à un accord sur les participants, l’agenda et les objectifs de la rencontre.

Les confessions religieuses ne contestent pas le principe d’un dialogue national. Elles insistent toutefois sur une condition essentielle : que le processus soit suffisamment inclusif pour permettre aux différentes forces politiques et sociales du pays d’y prendre part. Cette exigence intervient alors que l’Union sacrée de la nation (USN), coalition au pouvoir, intensifie de son côté sa campagne en faveur d’un changement de la Constitution.

La guerre dans l’est de la RDC demeure une urgence qui dépasse les querelles institutionnelles. Le pouvoir congolais considère que la cohésion nationale constitue un élément essentiel dans la réponse à cette situation. L’idée défendue autour du dialogue est de parvenir à un front politique suffisamment large pour faire face à la crise sécuritaire et renforcer la position de la RDC dans les négociations régionales et internationales.

Key points

  • Le dialogue national en RDC est crucial pour la cohésion nationale et la sortie de crise.
  • La CENCO joue un rôle clé dans les tractations pour un dialogue inclusif.
  • La guerre dans l’est de la RDC demeure une urgence qui nécessite un front politique large.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.