Le président de la Commission opérateurs, infrastructures et sécurité de l'Organisation des professionnels des technologies de l'information et de la communication (OPTIC), Mohsen Chirara, a appelé mercredi à davantage renforcer la confiance envers les entreprises sénégalaises spécialisées dans la cybersécurité. Selon lui, la réponse aux menaces visant le Sénégal doit d'abord reposer sur une expertise nationale forte. Mohsen Chirara a souligné que la menace n'est plus théorique, rappelant que les incidents ayant récemment affecté des services publics rappellent que la menace est concrète.

Mohsen Chirara s'exprimait lors de la deuxième édition du Forum des prestataires de cybersécurité, organisée avec la Direction générale du chiffre et de la sécurité des systèmes d'information (DCSSI) et l'OPTIC. Il a expliqué que ces incidents soulignent l'importance de protéger les données et d'assurer la continuité des services essentiels. Le président de la commission opérateurs, infrastructures et sécurité de l'OPTIC a salué l'adoption, le 20 août dernier, du texte relatif à la protection des infrastructures d'information critiques et à la sécurité numérique.

Cette avancée doit contribuer à renforcer la protection des systèmes, à clarifier les responsabilités et à structurer un écosystème de prestataires de confiance, selon Mohsen Chirara. Il a estimé que ce nouveau cadre ouvre la voie à l'agrément des prestataires et au contenu local. Le Sénégal a les compétences, a-t-il fait savoir, en faisant allusion à l'existence de profils spécialisés dans l'audit, l'analyse, la cryptologie, entre autres.

Mohsen Chirara a insisté sur la nécessité d'aller vers des référentiels clairs et des procédures d'agrément transparentes, assorties de délais prévisibles permettant à chaque prestataire de connaître les exigences auxquelles il doit répondre. Il a également plaidé pour une commande publique qui valorise la qualité, la confidentialité et les compétences démontrées, au-delà du seul prix.

Le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, s'est félicité de la tenue de ce forum qu'il a présenté comme un cadre d'échanges entre les professionnels de l'écosystème national de la cybersécurité, au service d'une économie numérique sécurisée, résiliente et porteuse de croissance pour le Sénégal. Il a rappelé que l'Etat a fait du renforcement de la cybersécurité et de la protection des infrastructures d'information critiques une priorité majeure.

Le ministre a souligné que la loi adoptée le 20 août 2026 va dans le sens de renforcer la résilience nationale face aux cybermenaces, notamment celles visant les infrastructures d'information dites critiques. Ce nouveau cadre règlementaire prévoit notamment la protection des infrastructures critiques, le renforcement de la gouvernance de la cybersécurité, l'hébergement des données de l'Etat sur le territoire national, l'agrément des prestataires de cybersécurité et de services cloud.

Le CEO et fondateur de Polaris Secure Technologies a parlé d'une aberration quand l'Etat confie un marché à une entreprise étrangère alors que l'expertise locale existe. L'enjeu, selon lui, consiste à éprouver le secteur privé local et à le chalenger. Il s'est aussi attardé sur la rentabilité du numérique, appelant les Sénégalais à davantage investir dans le secteur.

Key points

  • Les prestataires locaux de cybersécurité sénégalais réclament plus de confiance de l'Etat.
  • L'Etat a adopté une loi pour renforcer la cybersécurité et la protection des infrastructures d'information critiques.
  • Les entreprises sénégalaises de cybersécurité souhaitent une commande publique qui valorise la qualité et les compétences démontrées.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.