Des milliers de jeunes Burkinabè ont déferlé dans les rues de la Guinée cette semaine, contraints de quitter le pays pour des faits d'orpaillage artisanal dans la région administrative de Siguiri. L'affaire fait couler beaucoup d'encre et de salive, avec des débats houleux sur les réseaux sociaux. La Guinée a invoqué des raisons environnementales pour suspendre les activités d'orpaillage et déguerpir les occupants des lieux.
Les autorités guinéennes ont évoqué des raisons environnementales pour prendre cette décision, affirmant que l'orpaillage artisanal pollue les terres et les cours d'eau, et menace la quiétude des populations. Cette activité est également illégale selon la loi. Cependant, l'opinion publique burkinabè est divisée, avec certains déplorant l'orpaillage artisanal et d'autres soutenant les orpailleurs.
Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a affirmé que le Burkina Faso n'a pas été informé officiellement de l'opération. Une bonne concertation entre autorités des deux pays aurait pu contribuer à adoucir la crise et à trouver des voies salutaires de rapatriement des orpailleurs burkinabè. Le manque de tact des autorités guinéennes a exacerbé la situation.
La crise couvait depuis un moment, avec des signes annonciateurs sur les réseaux sociaux. Une vidéo incendiaire d'un jeune orpailleur avait suscité un sentiment de rejet chez certains Guinéens. Finalement, les craintes des Burkinabè se sont réalisées, avec des Africains chassés par d'autres Africains sur des terres d'Afrique pour des raisons qui échappent à la raison.
Le gouvernement burkinabè a réagi en envoyant des ministres à la rescousse, notamment le ministre de la Sécurité et celui de la Solidarité. Des compagnies de transports ont dépêché des cars pour convoyer les orpailleurs burkinabè au bercail. Environ 200 cars ont démarré à Ouagadougou pour apporter leur contribution au sursaut national de solidarité.
L'élan de solidarité a été spontané au Burkina Faso, avec des compatriotes de la diaspora mettant la main à la poche pour accompagner les opérations de prise en charge des orpailleurs. Le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, devrait réagir à cette crise. Le Burkina Faso pourrait transformer cette situation en opportunité, en intégrant ces milliers de jeunes orpailleurs dans un plan de développement.
Cependant, la crise ne doit pas pousser le Burkina Faso à céder à la tentation de la réciprocité en s'en prenant à des citoyens guinéens. Il est essentiel de se poser des questions essentielles, telles que "qui a envoyé des mineurs dans les mines en Guinée ?" et "y a-t-il un réseau qui en profite et qui en sont les sponsors ?".
Key points
- Le manque de concertation entre les autorités burkinabè et guinéennes a exacerbé la crise.
- L'élan de solidarité au Burkina Faso a été spontané.
- La crise pourrait être transformée en opportunité pour le Burkina Faso.