Des jeunes Guinéens partis à la recherche d'un emploi ou d'une vie meilleure en Afrique de l'Ouest sont victimes de réseaux de séquestration et d'extorsion. Selon des informations recueillies, ces réseaux opèrent sur les réseaux sociaux, promettant des opportunités à l'étranger à des jeunes désireux de quitter la Guinée. Une fois dans le pays de destination, les victimes sont conduites dans des foyers ou des résidences où elles sont retenues à l'écart des regards.
Les victimes sont souvent contactées par des amis, des connaissances ou des intermédiaires qui leur promettent des opportunités à l'étranger. Des messages, des photos, des vidéos et parfois même des témoignages sont utilisés pour les convaincre. Une fois dans le pays de destination, les victimes sont séquestrées et des photos et vidéos montrant les victimes ligotées ou maltraitées sont envoyées à leurs parents en Guinée.
Les familles des victimes sont ensuite contactées pour payer des rançons. Des messages vocaux, parfois avec des voix modifiées, accompagnent les demandes de rançon. M. Baldé, un Guinéen, affirme avoir déboursé plus de 30 millions de francs guinéens pour tenter de sauver un jeune qu'il a élevé. Le jeune homme avait été enlevé au Niger et les ravisseurs exigeaient une rançon.
Les transferts d'argent se sont multipliés, vers différents numéros, pour payer les rançons. D'autres membres de la famille ont également été contactés pour contribuer au paiement. Selon M. Baldé, au total, ils ont envoyé plus de 30 millions de francs guinéens. Les informations recueillies font également état d'un mécanisme qui pourrait permettre à ces réseaux de se renouveler.
Après plusieurs paiements, certains jeunes seraient progressivement intégrés au système. Selon ces informations, trois versements d'environ 600 000 francs CFA pourraient notamment être exigés avant qu'un nouveau détenu ne soit considéré comme suffisamment autonome pour gérer un foyer. Il pourrait ensuite être chargé de rechercher de nouvelles victimes.
En Côte d'Ivoire, certaines affaires ont déjà conduit à des interpellations à Korhogo. Dans le quartier Nagnénéfou, Keita Mamadou Guèye, présenté comme étant à la tête d'une bande, a été interpellé au mois de juillet. Il a été condamné à un an de prison ferme par le Tribunal de première instance de Korhogo pour des faits d'escroquerie.
La prudence est donc de mise pour les jeunes Guinéens qui cherchent à quitter leur pays. Car pour certains, ce qui commence par une simple promesse publiée sur les réseaux sociaux, peut rapidement devenir une histoire de séquestration, de peur, de chantage et de lourdes pertes financières. Et derrière chaque rançon payée, il y a souvent une famille qui s'endette, vend ses biens ou épuise ses économies, dans l'espoir de sauver un proche.
Key points
- Les réseaux de séquestration et d'extorsion ciblent les jeunes Guinéens sur les réseaux sociaux.
- Les victimes sont souvent séquestrées et des rançons sont exigées à leurs familles.
- Les autorités ivoiriennes ont déjà interpellé et condamné des personnes impliquées dans ces réseaux.